Produits industriels : l’heure d’une reprise cyclique a-t-elle sonné?

Global Equities Economic research juin 2017

Bien que les signes d’une reprise des activités à cycle court indiquent un retour en force du secteur des produits industriels, les investisseurs devraient éviter de payer trop cher pour la croissance.

"L’automne dernier, nous avons commencé à voir des améliorations dans les indices des responsables des achats, et ce, pas uniquement aux États-Unis, explique Max Burns*, analyste principal, Produits industriels, à Aviva Investors. Cette tendance se poursuit en 2017; il s’agit des meilleurs chiffres depuis de nombreuses années, non seulement aux États-Unis, mais également dans la zone euro, en Chine et partout dans le monde, en fait. Les indices sont des indicateurs avancés très solides d’une reprise des activités à cycle court qui touche les composants et les produits industriels pouvant être achetés et remplacés dans un délai d’environ un an."   

Figure 1. Les indices mondiaux des responsables des achats du secteur manufacturier indiquent un retour en force du secteur des produits industriels.

Ces indices suggèrent que la croissance interne des ventes dans le secteur industriel pourrait commencer à se généraliser plus tard en 2017.

Il reste maintenant à savoir dans quelle mesure la reprise des activités à cycle court se répercutera sur les marchés finaux à cycle long, en particulier dans trois secteurs capitalistiques importants, soit les mines, la production d’énergie et l’exploitation des hydrocarbures extracôtiers. Selon M. Burns, les ventes découlent en grande partie jusqu’à maintenant du remplacement de matériel et non d’acquisitions.

Il est à noter que peu d’entreprises ont dit croire à un rebond du secteur des hydrocarbures. À l’échelle internationale, les dépenses en immobilisations dans ce secteur ont été estimées à environ 200 milliards de dollars en 2016, soit moins de la moitié des dépenses engagées deux ans auparavant [1]. En fait, peu de producteurs souhaiteront relancer de grands programmes de dépenses en immobilisations tant que le prix du baril de pétrole tournera autour de 50 $. On estime à 1,5 billion de dollars, les investissements prévus qui ne sont pas considérés comme viables dans ce contexte[2].

La reprise est-elle encore loin?

La reprise des activités à cycle long est tributaire d’une forte reprise de la demande sur les marchés émergents. « On remarque d’ailleurs que la Chine et les grands marchés émergents dans leur ensemble, sont de plus en plus les principaux moteurs de la reprise mondiale, affirme Maulshree Saroliya*, stratège macroéconomique à Aviva Investors. Les indicateurs relatifs aux échanges mondiaux ont fortement rebondi au cours des 12 derniers mois. De manière générale, la Chine et les marchés émergents bénéficient davantage de la croissance du commerce mondial que les États-Unis en raison de leur dépendance plus forte au commerce extérieur. »

Bien que la croissance chinoise ait atteint un creux historique en 2016, des observateurs estiment que l’économie prend du mieux et que les autorités sont disposées à adopter des mesures fiscales incitatives si nécessaire. Mme Saroliya croit que l’élan collectif des marchés émergents et de l’Europe est « fort et évident » et qu’il est plus marqué que celui des États-Unis. Cette vaste reprise de la demande a contribué de manière appréciable à atténuer les craintes découlant de problèmes de production persistants, notamment une croissance décevante de la productivité.

« La reprise économique mondiale semble maintenant bien réelle, ont écrit les chercheurs de la Brookings Institution en avril[3]. Les économies développées sont engagées sur la voie d’une croissance raisonnable, et les économies émergentes à croissance rapide, Chine et Inde comprises, s’extirpent d’une période difficile. Les indicateurs mesurant l’activité économique (voir la figure 2 ci-dessous) et la confiance s’améliorent fortement malgré la présence de “courants sous-jacents d’incertitude politique et réglementaire”. »

Figure 2. Suivi de la reprise économique mondiale

Indice de l’activité réelle de la Brookings Institution


La valeur des titres industriels américains à son niveau le plus élevé depuis presque dix ans

Grâce au redressement du contexte macroéconomique, les ratios cours-bénéfice prévisionnels de certains titres industriels s’approchent de leur niveau le plus élevé en dix ans. Les actions de certaines sociétés exposées aux secteurs mondiaux des ressources, de la construction et de l’énergie se sont négociées à 31 fois les bénéfices prévisionnels de 2017, avant de reculer au deuxième trimestre4. Il est difficile de trouver de la valeur, et M. Burns évite de s’appuyer uniquement sur une reprise des activités à cycle court pour extrapoler une accélération des gains industriels sur plusieurs années. 

Figure 3. Prise en compte des ratios cours-bénéfice prévisionnels des titres industriels américains dans le redressement de la conjoncture


En revanche, les perspectives relatives aux bénéfices sont moins opaques pour certains titres mondiaux du secteur de la défense. Les grands mouvements politiques actuels et la combinaison de guerres « chaudes » et « froides » ont fait légèrement augmenter les dépenses militaires après cinq années de contraction. Le Moyen-Orient est le théâtre d’opérations militaires, et les tensions avec la Corée du Nord se sont exacerbées au cours des derniers mois. On observe aussi des affrontements entre la Russie et l’Ukraine, la Chine et Taïwan, de même qu’entre l’Inde et le Pakistan.

Dans ce contexte, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Inde, la Corée du Sud, le Japon et la Chine prévoient une modernisation importante de leur armement5. Les États-Unis, qui comptent pour un tiers des dépenses militaires mondiales, prévoient augmenter de plus de 5 % les dépenses annuelles liées aux acquisitions et de plus de 6 % les dépenses annuelles liées aux opérations et à l’entretien au cours des deux prochaines années6 Il s’agit d’une hausse plus modérée que celle envisagée au départ par le gouvernement Trump7, mais tout de même d’une accélération marquée (voir la figure 4 ci-dessous).

Figure 4. Le président Trump prévoyait initialement une augmentation des dépenses de défense se situant au‑delà des plafonds actuels.

Au même moment, les États-Unis font activement campagne pour que les autres membres de l’OTAN accordent plus d’importance à leur budget de défense. Seule une minorité de pays – dont la Grèce, la France et l’Estonie – consacrent actuellement à la défense les 2 % du PIB convenus8. Selon Lockheed Martin, constructeur de l’avion furtif d’attaque F-35, si tous les pays obtempéraient (bien que cela semble actuellement improbable), une somme supplémentaire de 100 milliards de dollars pourrait être injectée à l’échelle de l’OTAN.

Figure 5. Dépenses militaires des pays membres de l’OTAN en 2016, exprimées en pourcentage de leur PIB

« À l’heure actuelle, le secteur de l’armement bénéficie de puissants appuis politiques, et ses titres présentent des caractéristiques distinctes, constate M. Burns. Les entreprises qui remportent les contrats publics d’envergure peuvent compter sur des budgets pluriannuels convenus à l’avance et sur une bonne visibilité en termes de bénéfices, ce qui est plutôt inhabituel. »    

M. Burns croit aussi que certaines inquiétudes concernant la pression sur les marges ont peut-être été exagérées. Même si le président Trump a affirmé pouvoir économiser des « milliards » en coûts d’acquisition9, les contrats comportent peu de latitude et, en réalité, certaines des réductions de coûts annoncées ont peut-être déjà été prises en compte dans les analyses à long terme. M. Burns privilégie donc les actions européennes aux américaines dans le secteur de l’armement, car il croit que le marché sous-estime peut-être encore leurs données fondamentales. 

L’instabilité mondiale contribue à améliorer les perspectives triennales des entreprises du secteur de la défense qui comptent sur des produits exclusifs et des carnets de commandes bien remplis. La progression des ventes, des flux de trésorerie et des bénéfices de certaines sociétés découle indirectement de l’instabilité actuelle. Étonnamment, aucun continent n’est animé d’un mouvement de fond appuyant la réduction des dépenses militaires. Il s’agit d’un net contraste avec les perspectives présentées par un secteur comme celui de l’automobile, où les marchés américain et européen semblent frôler leur sommet respectif, ou par le secteur des hydrocarbures, où les dépenses en immobilisations mondiales devraient diminuer à nouveau en 2017. Il reste toutefois à voir si la reprise toujours incertaine des activités à cycle long terme sera porteuse d’un retour en force de longue durée du secteur des produits industriels en conjonction avec l’embellie des perspectives du secteur de l’armement.

Sources: 

[1] Ce montant comprend les dépenses d’exploitation et de production pétrolières, mais exclut les dépenses d’exploration. Source : McKinsey & Company, « Oil production capex: is a rebound in sight? », août 2016.

[2] Chatham House, « Navigating the New Normal », janvier 2016. https://www.chathamhouse.org/sites/files/chathamhouse/publications/research/2016-01-27-china-global-resource-governance-preston-bailey-bradley-wei-zhao-final.pdf

[3] Brookings Institution, « Update to TIGER: Tracking Indexes for the Global Economic Recovery », avril 2017.

[4] Bloomberg, 9 février 2017.

[5] Deloitte, « Global Aerospace and Defence Sector Outlook », 2017.

[6] Bernstein, 2 mai 2017.

[7] Comité sénatorial des forces armées, budget de la défense pour les exercices 2018-2022.

[8] OTAN, tel que cité dans Defense One, 29 juillet 2016.

[9] Bloomberg, 19 décembre 2016.

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