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Selon Stewart Robertson*, l’économie britannique est confrontée à de graves difficultés, qui se manifestent sous la forme d’un affaiblissement des données économiques et d’un accroissement de l’incertitude politique.

Il est probable que la prochaine année ou les deux prochaines années seront difficiles pour l’économie britannique. Le paysage politique chaotique, les relations internationales tendues et la faiblesse économique forment un malencontreux cocktail.

Les trois derniers mois ont été éprouvants pour le Royaume-Uni. La tentative de la Première ministre Theresa May de profiter de son avance massive dans les sondages s’est retournée contre elle lors des dernières élections générales, ce qui a donné lieu à un parlement sans majorité, qui ne stabilisera en rien le gouvernement. La dure réalité des difficiles négociations du Brexit à venir ne fera qu’amplifier sa vulnérabilité. 

De plus, des failles commencent à apparaître dans les perspectives économiques du pays : la croissance a fortement ralenti, l’inflation s’est nettement accrue et la confiance s’est effritée. Même si les optimistes soutiennent que le Brexit sera relativement facile et se fera dans l’intérêt à long terme du Royaume-Uni, il est de plus en plus manifeste que ce ne sera pas le cas. Il semble impossible d’élaborer un scénario économique cohérent ou plausible dans lequel le Royaume-Uni se porte mieux hors de l’Union européenne.

Il est peu probable que l’effondrement de la croissance du produit intérieur brut (PIB) à 0,2 % au cours du premier trimestre de 2017[1] soit une difficulté passagère de l’économie. Des indicateurs avancés fiables ne montrent aucune amélioration au deuxième trimestre de 2017, certains signalant que la situation pourrait même être pire. Les données sur le PIB du Royaume-Uni sont devenues volatiles ces dernières années, surtout en ce qui a trait à la composition de la croissance, qui est souvent révisée en profondeur ultérieurement.  

Les consommateurs souffrent financièrement

L’aspect le plus inquiétant des données du premier trimestre est peut-être le ralentissement de la croissance des dépenses de consommation à 0,3 %[2], son niveau le plus faible sur plus de deux ans. La consommation est toujours le pilier de l’expansion économique; elle représente généralement de 60 % à 70 % des dépenses totales. Cela a été particulièrement vrai à la suite de la crise financière mondiale. La croissance annuelle moyenne était de 2,5 % depuis 2008, mais elle s’est rapprochée de 3,0 % au cours des deux dernières années. En outre, la faiblesse des dépenses des ménages semble s’être installée pour longtemps : depuis avril, le nombre d’immatriculations de véhicules a diminué, le marché de l’habitation a ralenti de nouveau et les données sur les ventes au détail sont peu reluisantes. Soit dit en passant, certains grands détaillants britanniques ont aussi signalé une baisse des dépenses.

La principale raison du changement dans les habitudes de dépenses est facile à trouver : les ménages ressentent les effets de la hausse de l’inflation, qui touche leur revenu réel. De plus, comme lors des autres épisodes de flambée de l’inflation survenus récemment, les consommateurs ont réagi plutôt que de changer leur comportement à l’avance.

La forte croissance des dépenses observée récemment a en grande partie été financée par une diminution marquée du taux d’épargne, qui a atteint un creux sans précédent. Tant que les consommateurs ont confiance en l’avenir, il peut être justifiable de diminuer l’épargne, mais si l’avenir est incertain, une telle solution commence à sembler peu judicieuse. Surtout, cette solution ne peut être choisie qu’une seule fois – le taux d’épargne ne peut baisser éternellement. Même si la majorité des ménages ont voté en faveur du Brexit, bon nombre d’entre eux sont peut-être en train de revoir leur opinion concernant ses conséquences. Le cas échéant, ils limiteront leurs dépenses et augmenteront leur épargne de précaution. Ces facteurs semblent indiquer une faible augmentation des dépenses de consommation cette année et l’an prochain. 

Investissements des entreprises : pourquoi il faut être prudent

La légère hausse des investissements des entreprises au cours du premier trimestre de 2017 est encourageante. Cependant, même si les intentions d’investissement se sont grandement améliorées par rapport à la période ayant immédiatement suivi le référendum de juin 2016, il est beaucoup trop tôt pour être pleinement rassuré. L’incertitude supplémentaire créée par les élections générales, de même que la prise de conscience que les négociations du Brexit seront plus complexes et difficiles que ce que le gouvernement avait espéré, donne beaucoup de raisons aux sociétés de faire preuve de prudence. Quoi qu’il en soit, les dépenses d’investissement sont sensibles à la perte de confiance.

La grande contribution négative des exportations nettes au premier trimestre de 2017 est décevante. Il était espéré que la forte baisse de la livre sterling depuis le référendum stimulerait les exportations et le remplacement des importations, mais cela ne s’est pas encore produit d’une façon appréciable. Il est notamment possible que les exportateurs britanniques aient profité de la dépréciation de la livre pour augmenter leurs marges au lieu d’améliorer leur part de marché ou d’accroître leurs volumes d’exportations. C’est peut-être pourquoi les enquêtes sur les exportations sont demeurées relativement optimistes malgré la croissance décevante des exportations. Dans un sens, cela est d’une importance limitée, puisque l’augmentation des bénéfices des sociétés aidera à protéger en partie l’économie britannique du vent de ralentissement qui souffle ailleurs.   

La hausse des taux est encore bien loin

La flambée du taux d’inflation au cours de la dernière année (de 0,7 % en mai 2016 à 2,9 % en mai 2017)[3], dont la majeure partie des incidences se sont maintenant fait sentir, s’explique principalement par la dépréciation de la livre sterling. Néanmoins, nous nous attendons à ce que ce taux remonte légèrement, pour s’établir à un peu plus de 3 % plus tard cette année. Par la suite, il devrait se replier de façon constante, surtout si la croissance ralentit autant que prévu. Cela étant dit, le ralentissement de plus en plus manifeste indique que la Banque d’Angleterre ignorera encore plus maintenant la hausse de l’inflation, de sorte qu’il est plutôt étonnant que trois membres du Comité de politique monétaire (Monetary Policy Committee, ou MPC) aient voté en faveur d’une augmentation des taux lors de la réunion de politique monétaire du 14 juin[4]. Nous doutons que le MPC relève les taux d’intérêt tant que les craintes relatives à la croissance ne seront pas clairement apaisées. Les négociations du Brexit commençant à peine, ce relèvement semble encore bien lointain. Les messages contradictoires envoyés récemment par le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, et son économiste en chef, Andrew Haldane, n’ont pas facilité les choses. Lors de son discours en différé de la Mansion House, Carney a explicitement affirmé que l’heure n’était pas venue de monter les taux d’intérêt au Royaume-Uni. Dès le lendemain, Haldane est venu mêler les cartes en indiquant que les taux britanniques devraient augmenter prochainement. Nous sommes d’avis que le point de vue de Carney l’emportera, surtout si la croissance reste anémique.  

Enfin, si la croissance reste faible, les pressions se multiplieront sur le gouvernement pour qu’il adopte des mesures budgétaires plus expansionnistes. Après d’importantes réductions des dépenses du gouvernement dans les années ayant suivi la crise financière mondiale, le déficit du Royaume-Uni ne représente qu’un peu plus de 2 % du PIB, comparativement à un sommet de 10 % en 2009[5]. Cela signifie qu’il est possible, en cas de besoin, d’offrir une aide budgétaire sans menacer la viabilité du budget à long terme. 

Sources :

1, 2 https://www.ons.gov.uk/economy/grossdomesticproductgdp/bulletins/secondestimateofgdp/quarter1jantomar2017 [en anglais seulement].

3 https://www.ons.gov.uk/economy/inflationandpriceindices/timeseries/l55o/mm23 [en anglais seulement].

4 http://www.bankofengland.co.uk/publications/minutes/Documents/mpc/pdf/2017/jun.pdf [en anglais seulement].

5 http://www.economicshelp.org/blog/5922/economics/uk-budget-deficit-2/ [en anglais seulement].

 

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