Dette des consommateurs : le point de bascule a-t-il été atteint?

Economic research Americas UK juillet 2017

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La flambée de la dette des consommateurs au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada est-elle le symptôme de problèmes économiques plus graves?

De nombreux médias ont récemment rappelé comment les bulles immobilières incontrôlables, les prêts à haut risque et l’augmentation des défaillances d’emprunteurs surendettés avaient contribué à la crise financière mondiale survenue il y a près de dix ans.

Bien des investisseurs sont demeurés meurtris par ce ralentissement provoqué par une crise du crédit. Il n’est donc pas étonnant de constater des inquiétudes quant à l’éventualité d’une nouvelle débâcle.

Nous avons demandé aux gestionnaires de portefeuille et aux analystes d’Aviva aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni de nous faire part de leur perspective et de répondre à la question suivante : les dernières nouvelles portant sur la dette des consommateurs sont-elles inquiétantes?

États-Unis : la conjoncture favorable a-t-elle atteint son sommet?

Pour l’économie américaine, dont la croissance repose avant tout sur les dépenses de consommation, la question est fondamentale : le consommateur américain est-il pris à la gorge? Les médias financiers semblent enclins à le croire. En effet, la dette des ménages, qui comprend les emprunts hypothécaires, les soldes de carte de crédit ainsi que les prêts automobiles et étudiants, a atteint un sommet de 12,7 billions de dollars au premier trimestre de 2017, selon la Federal Reserve Bank of New York1. Après les emprunts liés à l’habitation, les prêts étudiants représentent la plus large part de cet endettement. Cela dit, la valeur des prêts automobiles et des soldes de carte de crédit a aussi augmenté considérablement au cours des trois dernières années2.

George Rudawski, chef des produits titrisés américains d’Aviva Investors, à Chicago, estime qu’il y a des raisons de s’inquiéter sans toutefois s’alarmer. « Il est probable que la consommation a fait tous les progrès que nous pouvions espérer. Il ne serait pas surprenant que les paiements en retard et les défaillances commencent à augmenter », nous confie-t-il.

Le ralentissement de la croissance du PIB américain au premier trimestre de 2017 a été imputé avant tout à la chute des dépenses de consommation, notamment au recul de 14 % sur un an des achats de véhicules durant le trimestre, comme le signale le Bureau of Economic Analysis3. La faiblesse généralisée du secteur automobile est avant tout attribuable au repli des emprunts : les grandes banques ne courtisent plus aussi ardemment les emprunteurs que durant les dernières années. D’après des chiffres de la Federal Reserve Bank of St. Louis4, depuis le troisième trimestre de 2016, plus de banques ont resserré les normes d’octroi de prêts automobiles qu’il y en a qui les ont assouplies.

M. Rudawski ne remarque pour le moment aucune détérioration majeure du rendement des prêts automobiles titrisés, surtout ceux de qualité supérieure, et il n’y a actuellement pas d’augmentation notable de la passation en charges des prêts automobiles. Des données publiées par Bloomberg laissent voir que le montant net des prêts radiés demeure aux faibles niveaux affichés durant toutes les années ayant suivi la crise financière. En fait, le taux net de prêts radiés est plus bas maintenant qu’il ne l’était durant les années qui ont précédé la crise. (Voir le graphique 1 ci-dessous.)

Graphique 1 : Le taux net de prêts automobiles radiés demeure faible

Des tensions se manifestent en périphérie, soit chez les investisseurs à risque qui affichent de faibles cotes de solvabilité, souligne M. Rudawski. Les petits prêteurs qui ciblent ces emprunteurs moins solvables remarquent une hausse des défaillances et des défauts au titre des prêts automobiles qu’ils ont consentis. L’agence de notation Fitch Ratings a rapporté que le taux annualisé des pertes nettes touchant les prêts automobiles titrisés à haut risque s’établissait à 10 % à la fin de 2016, un sommet depuis la crise5.

« Les investisseurs doivent se rappeler que, contrairement aux titres hypothécaires à haut risque ayant paralysé les fonds du marché monétaire au début de la crise mondiale, les titres adossés à des créances automobiles constituent dans une large mesure un marché en vase clos, dit M. Rudawski. Les titres adossés à des créances automobiles sont garantis par des actifs faciles à évaluer, mobiles et assortis d’une courte durée de vie moyenne comparativement aux prêts hypothécaires. Contrairement aux habitations, les voitures appartenant à des emprunteurs en défaut peuvent être saisies, envoyées partout au pays et vendues rapidement aux enchères à des prix relativement prévisibles. »

Les inquiétudes au sujet des émetteurs de cartes de crédit aux États-Unis ont également fait l’objet de nombreuses manchettes ces dernières semaines. Les entreprises fortement engagées dans le marché des prêts à la consommation ont signalé une hausse des passations en charges et des paiements en souffrance au premier trimestre de 20176. Le cours de l’action de bon nombre de ces prêteurs a subi un recul à la suite de ces annonces.

Or, un examen des données récentes sur un horizon à plus long terme ne laisse voir qu’une légère hausse des passations en charges et des paiements en souffrance, alors que les augmentations récentes ont été réalisées par rapport à un creux sur plusieurs années (voir les graphiques 2 et 3 ci-dessous). De plus, bien que les Américains dépensent davantage à crédit, ils remboursent une plus grande partie de leurs soldes. Les taux de remboursement des prêts à la consommation des banques et du secteur de détail n’ont jamais été aussi élevés en 20 ans (voir le graphique 4 ci-dessous).

Graphique 2 : Les passations en charges de soldes de cartes bancaires sont à un creux sur plusieurs années (%)

Graphique 3 : Les défaillances touchant les cartes de crédit ont augmenté par rapport à un creux sur plusieurs années

Graphique 4 : Les consommateurs remboursent le solde de leurs cartes de crédit

M. Rudawski ne s’inquiète pas outre mesure de la faible augmentation des passations en charges par les commerces de détail offrant du crédit. « Sur ce marché, les prêteurs ont toujours affiché des taux de passation en charges supérieurs étant donné la qualité de crédit moindre de leurs emprunteurs. Toutefois, ces emprunteurs obtiennent également des marges de crédit moins élevées et ont tendance à afficher des soldes inférieurs. Nous surveillons comment se porte le marché des cartes de crédit en général et, pour l’instant, il semble bien aller. »

Selon de récents sondages de la Réserve fédérale, les prêteurs ont signalé un resserrement des exigences imposées aux titulaires de cartes de crédit depuis le second semestre de 2016. Toutefois, au premier trimestre de 2017, plus de banques avaient assoupli leurs exigences7. Les rapports du prochain trimestre seront à surveiller afin de déterminer si cette approche demeure ponctuelle ou s’il s’agit de l’amorce d’une possible tendance à long terme.

Canada : une bulle prête à éclater?

L’économie canadienne a bondi récemment, sa croissance prenant la tête de tous les pays du G7 au premier trimestre de 2017, selon ce que rapporte le journal The Guardian. Cette croissance est avant tout attribuable à l’augmentation des dépenses des ménages canadiens qui ont acheté plus de voitures en début d’année.

La plupart des dernières nouvelles économiques en provenance du pays ont toutefois porté sur le marché du logement. Les prix des maisons dans deux des plus grandes régions métropolitaines, Toronto et Vancouver, ont monté en flèche ces dernières années et, depuis décembre 2015, ils ont bondi de plus de 33 % à Toronto et de 21 % à Vancouver8. Dans ces marchés, il n’est maintenant question que de bulle immobilière et des craintes d’éclatement de cette bulle.

Le prêteur hypothécaire canadien Home Capital a été récemment visé par une enquête portant sur des activités de crédit frauduleuses. Cette enquête a soulevé des inquiétudes, certains y voyant le signe que le florissant marché canadien de l’habitation pourrait s’effondrer tout comme l’a fait celui des États-Unis durant la crise des prêts hypothécaires à haut risque. « Les dangers menaçant le système semblent s’aggraver, précise Sunil Shah, chef des Tttres à revenu fixe canadiens d’Aviva Investors à Toronto. Toutefois, ils n’aboutiront pas nécessairement à une crise. »

L’endettement actuel des ménages présente assurément certains risques. La dette totale des ménages canadiens a excédé le produit intérieur brut du pays pour la première fois au troisième trimestre de 20169. Cette intensification de l’endettement est en partie imputable à la hausse du prix de l’habitation, mais il importe aussi de souligner que le revenu des travailleurs canadiens n’a pas augmenté au même rythme que leur niveau d’endettement.

Au Canada, le marché de l’habitation et l’économie dans son ensemble pourraient demeurer à l’abri des problèmes qui ont précipité l’économie américaine en récession en 2007. En premier lieu, selon M. Shah, le marché des premiers prêts hypothécaires est dominé par les grandes banques canadiennes, ceci malgré l’augmentation de la part de marché des sociétés de financement hypothécaire ces dernières années. « Les grandes banques gèrent leurs produits de manière très rigoureuse. Certains produits hypothécaires alambiqués particulièrement populaires durant la flambée immobilière aux États-Unis, comme les prêts hypothécaires à taux ajustable, ne sont pas très répandus au Canada », ajoute M. Shah.

Ensuite, l’augmentation exagérée du prix des maisons a surtout été l’affaire de Vancouver et de Toronto. Il y a de la spéculation dans ces deux marchés, mais la demande structurelle y demeure soutenue malgré la hausse des prix. En fait, les deux villes attirent des travailleurs des autres provinces, séduits par la vigueur de ces marchés. Ils proviennent principalement de l’Alberta, dont l’économie a ralenti en raison du recul des cours pétroliers depuis 2014. De plus, la politique d’accueil du Canada est relativement favorable aux immigrants, et ces nouveaux citoyens entrent généralement au pays par ces deux grandes plaques tournantes.

Il faut ensuite tenir compte des politiques visant à contenir l’étalement urbain, qui se sont traduites par une augmentation du nombre de nouveaux logements ou de logements disponibles dans les secteurs densément peuplés de ces deux villes. « La hausse de la demande de logements de la part des nouveaux arrivants provoque une surchauffe du marché en raison des limites imposées par ces villes à l’offre de logements, précise M. Shah. Dans ce contexte, il est normal que les prix augmentent. »

Néanmoins, M. Shah insiste sur le fait que les investisseurs doivent demeurer conscients des risques grandissants planant sur la croissance future du Canada. S’il devait y avoir un ralentissement ou un effondrement des marchés résidentiels ou hypothécaires canadiens, il faudrait sans doute en attribuer la cause au ralentissement de l’économie dans son ensemble.

« Même si la Banque du Canada a relevé son taux directeur d’un quart de point le 12 juillet dernier, ses dirigeants savent qu’ils doivent choisir leurs options de politique monétaire avec une extrême prudence en ce moment, poursuit M. Shah. Une réduction trop timide des mesures incitatives ferait gonfler le prix des logements dans les grands centres urbains, ce qui aurait des conséquences toujours plus dangereuses. En revanche, une approche trop stricte pourrait prendre les consommateurs lourdement endettés au dépourvu et entraîner un effondrement de la croissance économique, du prix des maisons et des revenus. Les risques liés à des erreurs de politique monétaire sont sans contredit élevés. »

L’évolution des taux d’intérêt aux États-Unis pourrait aussi influer sur le marché hypothécaire canadien et, a fortiori, sur l’ensemble de l’économie. La corrélation entre les taux des obligations d’État à cinq ans des deux pays voisins doit être suivie de près étant donné que la majorité des prêts hypothécaires canadiens à long terme comportent une renégociation des taux après cinq ans. Une hausse des taux sur cinq ans au Canada, conjuguée à une augmentation des taux d’intérêt américains, pourrait accroître l’endettement des propriétaires canadiens.

« Nous sommes au bord du gouffre, et peut-être n’y échapperons-nous pas, indique M. Shah. Toutefois, nous ignorons aussi quel est exactement le taux d’intérêt qui ferait basculer les ménages canadiens. Selon moi, il s’agit actuellement d’un risque grandissant ».

Royaume-Uni : faut-il sonner l’alarme?

L’augmentation de la dette des consommateurs britanniques a fait l’objet de manchettes alarmistes, mais il ne s’agit pas uniquement de prophéties de malheur. La Banque d’Angleterre affirme depuis un certain temps déjà que la flambée récente des emprunts des consommateurs, principalement des emprunts non garantis, représente une menace potentielle pour la stabilité du système financier britannique. Le procès-verbal de la dernière réunion de son comité de politique financière, le 22 mars 2017, indiquait que la dette des ménages britanniques demeure élevée selon les normes historiques et qu’elle a commencé à augmenter par rapport aux revenus10.

Le 27 juin, la Banque d’Angleterre a ordonné aux banques d’affecter un montant supplémentaire de 11,4 milliards de livres (14,8 milliards de dollars américains**) à la couverture des mauvaises créances pouvant résulter de la récente hausse soudaine des prêts à la consommation et de l’incertitude liée au Brexit. La banque centrale a aussi haussé l’éventualité de pertes accrues au titre du crédit à la consommation dans sa simulation de crise annuelle de 2017. Au cours de sa prochaine réunion, le comité utilisera le résultat de cette simulation pour déterminer si les banques doivent réserver davantage de fonds à la protection contre les mauvaises créances11.

La croissance du crédit à la consommation, qui n’avait jamais augmenté aussi rapidement depuis 2005, a atteint un sommet annuel de 10,9 % en novembre 2016. Le taux de croissance annuelle a tout juste ralenti cette année, revenant à 10,3 % durant la période de douze mois terminée en avril 201712. D’autre part, les prêts à l’habitation garantis (premiers prêts hypothécaires et prêts renouvelés) ont gagné 2,8 % durant la même période12. Ce résultat reflète en partie l’importance qu’accordent les prêteurs à la capacité des emprunteurs de rembourser leur dette hypothécaire, estime Oliver Judd*, analyste principal des services financiers à Aviva Investors.

La hausse de l’inflation et la faible croissance des salaires semblent inciter les consommateurs à emprunter davantage et à épargner moins de manière à financer de nouveaux achats, comme des voitures, ainsi que d’autres dépenses. Les salaires réels moyens des travailleurs britanniques ont reculé de plus de 5 % entre 2007 et 2015, et la Grèce a été le seul pays membre de l’OCDE à subir une baisse encore plus marquée13. Bien que les salaires réels aient progressé en 2015 et en 2016, ils ont de nouveau perdu du terrain au premier trimestre de 2017 en raison de l’inflation accrue causée par la chute de la livre14.

La faiblesse des taux d’intérêt et la grande disponibilité du crédit font en sorte qu’il est relativement facile pour les consommateurs d’emprunter. M. Judd ajoute que « l’augmentation du prix des maisons ces dernières années a permis aux consommateurs d’avoir l’impression d’être relativement riches. De plus, notre culture valorise la gratification immédiate. »

La dette propulsée par le crédit automobile

La croissance du financement automobile est le principal facteur expliquant la hausse de la dette des consommateurs ces dernières années. Les Britanniques ont emprunté un montant record de 31,6 milliards de livres (41,0 milliards de dollars américains) pour acheter des voitures en 2017, soit un bond de 12 % par rapport à l’année précédente15.

La popularité grandissante des achats contractuels personnels (Personal Contract Purchases, ou PCP), une forme relativement nouvelle de financement automobile, a grandement contribué à augmenter les ventes et le financement d’automobiles, selon la Financial Conduct Authority15. Les PCP ont été utilisés pour financer 82 % des achats de voitures neuves en 2017 et ils sont aussi utilisés pour acquérir des voitures d’occasion16.

Les versements mensuels des PCP, moins élevés que ceux des prêts automobiles habituels, et le fait que le prix des voitures soit présenté sous la forme de petites mensualités, sans montant forfaitaire prohibitif à verser, expliquent la popularité de ce mode de financement. Les préoccupations autour de ce type de contrat reflètent en partie la facilité relative avec laquelle il est possible de les obtenir, certains prêteurs acceptant d’en accorder à la seule condition que les paiements mensuels n’excèdent pas le quart de la rémunération nette des demandeurs. La FCA a entrepris une enquête sur les PCP en raison des préoccupations soulevées par le manque de transparence, les conflits d’intérêts potentiels et le crédit irresponsable dans le secteur du financement automobile17.

Les prêts PCP restructurés puis vendus à d’autres investisseurs suscitent eux aussi des inquiétudes, la presse en venant à se demander si la hausse des prêts automobiles risqués pourrait déclencher une nouvelle crise financière. Ces craintes semblent infondées puisqu’une tranche d’à peine moins de 1,7 milliard de livres (2,2 milliards de dollars américains) des prêts automobiles consentis aux consommateurs britanniques par l’entremise de concessionnaires était classée dans la catégorie des prêts risqués à la fin de 2016, soit moins de 3 % du montant total selon la Finance & Leasing Association18.

De plus, une firme d’experts-conseils spécialisée dans les affaires réglementaires, Asset Finance Policy, soutient que les prêts automobiles revendus diffèrent fondamentalement des créances hypothécaires titrisées en ce sens que « les investisseurs, y compris les banques, n’ont pas à craindre le risque de défaut ni le risque lié à la valeur résiduelle, à moins que le constructeur automobile ne fasse faillite. C’est la raison pour laquelle le coût du financement à l’aide de titres adossés à des actifs utilisés par les sociétés captives est aussi bas et qu’il n’y a nulle raison d’être terrifié par la titrisation des prêts automobiles. »19

Préoccupations au sujet des cartes de crédit

La Banque d’Angleterre est également préoccupée par l’augmentation de la dette au titre des cartes de crédit, qui s’élevait en avril dernier à 68,1 milliards de livres (88,4 milliards de dollars américains), ce qui représente une hausse de 9,7 % depuis le début de l’année et le rythme de croissance le plus soutenu depuis février 200620. « Nous voyons de nouveaux emprunts, mais nous assistons aussi à un retour des transferts de soldes de comptes à 0 % sur le marché des cartes de crédit. Les prêteurs sont avides d’exploiter ce segment pour contrebalancer les répercussions des taux d’intérêt très bas sur les marges et le potentiel limité de croissance du marché hypothécaire, » explique M. Judd.

Selon lui, les prêteurs doivent appliquer à leurs produits une tarification conforme aux risques assumés. La simulation de crise appliquée aux nouveaux prêts hypothécaires cherche avant tout à déterminer si les emprunteurs pourront toujours faire leurs paiements si, à un moment quelconque au cours des cinq premières années du prêt, le taux d’escompte de la banque centrale excède de trois points de pourcentage le taux en vigueur au moment où le prêt a été contracté21. « Étant donné que le taux des prêts hypothécaires à taux variable s’établit actuellement aux environs de 4 %, la simulation de crise viserait en ce moment une cible d’à peu près 7 %, ce qui permettrait d’assurer une certaine confiance dans la capacité des emprunteurs de rembourser leurs emprunts hypothécaires », précise M. Judd.

Il n’existe pas de telle simulation de crise sur le marché des cartes de crédit, et c’est peut-être là que se trouve le problème. Toutefois, M. Judd souligne que les prêteurs bénéficient de marges bien supérieures, ce qui devrait compenser le risque de défaut accru. L’acquisition par le Lloyds Banking Group des activités de cartes de crédit à la consommation de MBNA, au coût de 1,9 milliard de livres (2,4 milliards de dollars américains), montre bien que le secteur des cartes de crédit offre des rendements attrayants aux prêteurs22.

Le comité de politique financière de la Banque a appuyé un examen déclenché par la Prudential Regulation Authority concernant la qualité des nouveaux prêts, en réponse aux préoccupations selon lesquelles la montée en flèche des emprunts est insoutenable et qu’elle résulte de la détérioration des normes de souscription des prêteurs.

Les prêteurs semblent avoir réagi aux inquiétudes des responsables politiques si on en croit les résultats du sondage trimestriel de la Banque d’Angleterre sur les conditions de crédit paru en avril 2017. On a ainsi pu constater que la disponibilité des crédits non garantis offerts aux ménages a un peu reculé au premier trimestre de 2017 et qu’elle devrait encore diminuer au deuxième trimestre de 2017. On a rapporté que le pointage de crédit nécessaire pour obtenir une carte de crédit ou un autre prêt non garanti avait été relevé au premier trimestre de l’année et que les prêteurs s’attendent à ce que les critères applicables aux cartes de crédit soient resserrés sensiblement au cours des trois prochains mois23. De plus, la qualité des actifs se situe actuellement à des niveaux élevés en termes historiques.

La situation pourrait toutefois changer. « L’économie se replie et certains analystes envisagent même une récession, ce qui est préoccupant compte tenu de l’augmentation des emprunts non garantis, ajoute M. Judd. Le taux de chômage est une variable importante pour évaluer la capacité des consommateurs d’assurer le service de leurs dettes. »

Bien que la Banque d’Angleterre reconnaisse que les ratios moyens de service de la dette demeurent faibles, elle estime également qu’une période de chômage plus élevé pourrait compromettre la capacité de certains ménages de rembourser leurs dettes. Ces ménages pourraient influer « sur l’activité économique en général en sabrant leurs dépenses pour faire face à leurs dettes »24.

Dans l’ensemble, toutefois, le comité estime qu’en dépit « d’éléments de risque justifiant une certaine vigilance », les menaces pesant sur le système financier demeurent pour le moment à un niveau normal et que « la résilience du système financier britannique s’est considérablement raffermie depuis la crise financière mondiale »25.

 

* Les spécialistes en placements sont membres du groupe participant d’AIA/AIC, Aviva Investors Global Services Limited (« AIGSL »).

** Selon le cours du change entre la livre britannique et le dollar américain au 8 août 2017

 

Sources :

[1] Federal Reserve Bank of New York, Household Debt and Credit Report (Q1 2017). https://www.newyorkfed.org/microeconomics/hhdc.html

[2] Ibid.

[3] U.S. Bureau of Economic Analysis, Personal Consumer Expenditures (PCE) report, révisé le 26 mai 2017. https://bea.gov/iTable/iTable.cfm?reqid=9&step=1&acrdn=2#reqid=9&step=3&isuri=1&903=61

[4] Federal Reserve Bank of St. Louis, Net Percentage of Domestic Banks Tightening Standards for Auto Loans. https://fred.stlouisfed.org/series/STDSAUTO

[5] « Banks Pull Bank on Car Loans as Used-Auto Prices Plummet », Wall Street Journal, 3 mai 2017. https://www.wsj.com/articles/banks-pull-back-on-car-loans-as-used-auto-prices-plummet-1493816356

[6] « US credit card stocks sink to fresh lows », Financial Times, 30 avril 2017. https://www.ft.com/content/10c2691c-2c60-11e7-9ec8-168383da43b7

[7] Senior loan officer opinion survey on bank lending practices, Federal Reserve, 8 mai 2017. https://www.federalreserve.gov/data/sloos/201705/chartdata.htm

[8] Selon l’indice composite de prix de maisons Teranet – Banque Nationale publié par The Globe and Mail House Price Data Centre, 14 juin 2017. https://www.theglobeandmail.com/real-estate/canada-house-price-data-centre-june-14/article29697029/

[9] Rapport statistique de la Banque des règlements internationaux, juin 2017. Total credit to households (core debt), per cent of GDP.

[10] Communiqué de la Banque d’Angleterre, 22 mars 2017.        http://www.bankofengland.co.uk/publications/Documents/news/2017/008.pdf

[11] Rapport de la Banque d’Angleterre sur la stabilité financière, juin 2017. http://www.bankofengland.co.uk/publications/Pages/fsr/2017/jun.aspx

[12] Rapport statistique de la Banque d’Angleterre, Money and Credit: April 2017, 31 mai 2017. http://www.bankofengland.co.uk/statistics/Documents/mc/2017/apr/moneyandcredit.pdf

[13] London School of Economics, The Return of Falling Real Wages, 19 mai 2017. http://cep.lse.ac.uk/textonly/_new2014/news/releases/2017_05_19.pdf

[14] Office for National Statistics, Analysis of real earnings: May 2017. https://www.ons.gov.uk/employmentandlabourmarket/peopleinwork/earningsandworkinghours/articles/supplementaryanalysisofaverageweeklyearnings/latest

[15] Financial Conduct Authority, Keeping up with the credit sector: the FCA’s view on the market today, 30 mars 2017. https://www.fca.org.uk/news/speeches/keeping-up-with-credit-sector

[16] BBC News, Car finance deals: Do they spell trouble, 21 avril 2017. http://www.bbc.co.uk/news/business-39666802

[17] Financial Conduct Authority, Regulation round up, avril 2017. https://www.fca.org.uk/publication/documents/rru-april-2017.pdf

[18] « Are cheap car loans the vehicle taking us to the next financial crisis? », The Guardian, 10 juin 2017. https://www.theguardian.com/business/2017/jun/10/car-loans-personal-contract-plans-vehicle-financial-crisis-pcp

[19] Asset Finance Policy, Why car finance could be heading for a competition authority market study, publié le 18 avril 2017. http://news.assetfinancepolicy.co.uk/news/8597-why-car-finance-could-be-heading-for-a-competition-authority-market-study.aspx

[20] Rapport statistique de la Banque d’Angleterre, Money and Credit: April 2017, 31 mai 2017. http://www.bankofengland.co.uk/statistics/Documents/mc/2017/apr/moneyandcredit.pdf

[21] Banque d’Angleterre, Interest rate stress tests. http://www.bankofengland.co.uk/financialstability/Pages/fpc/intereststress.aspx

[22] BBC News, Lloyds Bank buys MBNA credit card firm for £1.9bn, 20 décembre 2016. http://www.bbc.co.uk/news/business-38376747

[23] Banque d’Angleterre, Latest Credit Conditions Survey, 13 avril 2017. http://www.bankofengland.co.uk/publications/Pages/other/monetary/creditconditions.aspx

[24] Record of the Financial Policy Committee Meeting, 20 septembre 2016. http://www.bankofengland.co.uk/publications/Documents/records/fpc/pdf/2016/record1610.pdf

[25] Banque d’Angleterre, Financial Stability report, juin 2017. http://www.bankofengland.co.uk/publications/Pages/fsr/2017/jun.aspx

 

 

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