Nos équipes des marchés émergents et de l’approche multi-stratégies proposent des idées avantageuses pour les deux à trois prochaines années sur les marchés émergents.

La valorisation des devises, des actions et des obligations des marchés émergents semble attrayante par rapport à celles des marchés développés, mais il importe de demeurer sélectif dans ces marchés très différents où les risques et les rendements tendent à être dispersés.

POSITION ACHETEUR SUR LES ACTIONS DES MARCHÉS ÉMERGENTS

Les prévisions relatives aux bénéfices des sociétés des marchés émergents ont récemment été revues à la hausse. En 2017, la croissance des bénéfices devrait s’accélérer dans beaucoup de pays émergents, dont la Corée du Sud, Taïwan, la Chine, le Brésil et l’Afrique du Sud, mais nous sommes d’avis que de nombreux titres sont fondamentalement sous-évalués.  

Figure 1. Les actions des marchés émergents sont bon marché par rapport à l’indice MSCI Monde

Escompte sur les ratios cours-valeur comptable   

Selon les ratios cours-valeur comptable, les actions des marchés émergents (EM) sont d’environ 30 % moins chères que celles des marchés développés (DM) depuis 2014, comme le montre la figure 1[1]. Même si les prévisions relatives aux bénéfices des sociétés des marchés émergents se sont récemment améliorées plus rapidement que celles des sociétés des marchés développés, leur valorisation demeure plus faible. Au cours des six derniers mois, par exemple, les bénéfices anticipés des sociétés des marchés émergents ont été haussés de 12,5 %, comparativement à 7,0 % pour ceux des sociétés des marchés développés[2]. En outre, le rendement de leurs capitaux propres est légèrement en hausse, sans toutefois atteindre celui des marchés développés.

Il ressort aussi d’un examen plus approfondi que, dans les marchés émergents, les actions des petites sociétés sont moins chères que les autres, et qu’il en est ainsi depuis dix ans. Les titres des petites sociétés tendent à être moins volatiles que l’indice global des marchés émergents[3] et leur degré relativement élevé de propriété nationale les rend peu vulnérables aux variations de la confiance faisant suite à des événements survenus ailleurs. Leur exposition aux secteurs tirant profit d’une croissance rapide des revenus (détaillants, produits industriels et soins de santé) en fait un moyen attrayant de profiter d’une reprise des marchés émergents.    

En 2017, le cours relativement bas des actions des petites sociétés des marchés émergents trouve sa cause dans une amélioration des bénéfices anticipés moins rapide que celle des secteurs plus cycliques (produits de base ou services financiers, p. ex). Il faut toutefois dire que les bénéfices des sociétés à faible capitalisation n’avaient pas non plus diminué aussi rapidement. Compte tenu de l’augmentation potentielle des bénéfices, d’abord dans le cadre d’une renaissance du secteur industriel puis de manière plus générale, nous croyons que les actions des petites sociétés pourraient s’apprécier sur un horizon de trois ans, à mesure que la croissance économique mondiale s’accélérera.

Ces perspectives pourraient toutefois être compromises par une hausse plus rapide que prévu des taux d’intérêt aux États-Unis­ ­− ce qui pourrait augmenter rapidement la valeur du dollar américain − et par un éventuel ralentissement important de l’économie chinoise.  

DETTE DES MARCHÉS ÉMERGENTS : position acheteur sur les obligations du gouvernement indonésien libellées en monnaie locale

Puisque les écarts de taux d’intérêt entre les marchés émergents et les marchés développés n’ont pratiquement jamais été aussi grands depuis 10 ans, les marchés émergents présentent des occasions de profiter des écarts de rendement, par l’emprunt de capitaux à faibles taux pour les investir dans les marchés où les rendements sont meilleurs. Sur les marchés des titres de créances, nous voyons des occasions dans les titres libellés en devises locales, car nous estimons qu’elles offrent un meilleur rapport risques/avantages que les titres libellés en monnaies fortes.

L’Indonésie est actuellement une émettrice privilégiée. Il s’agit d’un des marchés émergents à l’expansion la plus forte, avec une croissance de plus de 5,0 % au premier trimestre de 2017[4]. Ce rythme est moins soutenu que celui de l’Inde (7,5 % au cours de la même période)[5], mais beaucoup plus rapide que celui du Brésil (estimé entre 0,7 % et 0,8 %)[6]. Le président Joko Widodo et la ministre des Finances Sri Mulyani Indrawati, ancienne universitaire et employée de la Banque mondiale, ont entamé un programme de réforme ambitieux visant à élargir l’assiette fiscale, à accélérer les investissements dans les infrastructures, à réduire les subventions à l’énergie et à alléger la bureaucratie.  

Les récents gains sur les marchés obligataires ont été stimulés par un assouplissement monétaire audacieux, la banque centrale indonésienne ayant abaissé de 150 points son taux de base en 2016, et par des progrès tangibles sur le plan des politiques. L’agence de notation Moody’s a récemment fait passer de « stables » à « positives » ses perspectives à l’égard de ce pays, soulignant l’amélioration de sa balance des paiements, l’accroissement de ses réserves de change et l’augmentation des investissements directs étrangers[7].    

Le talon d’Achille de l’Indonésie demeure toutefois sa dépendance à l’égard des sources de financement externes[8]. Bien que les taux réels aient diminué en 2017 pour s’établir à environ 2,9 %[9], ils sont attrayants au vu de l’amélioration des perspectives économiques.

DEVISES DES MARCHÉS ÉMERGENTS : position acheteur sur la livre turque

S’ajoutant à un ralentissement de la croissance, à une hausse du chômage et aux contrecoups du conflit syrien, le virage autocratique de la Turquie a miné la confiance des investisseurs. Après l’échec de la tentative de coup d’État militaire en 2016, la pression exercée sur l’opposition par le président Recep Tayyip Erdogan a incité certains députés du Parlement européen à demander l’interruption des discussions vieilles de plus de 10 ans sur l’adhésion à l’Union européenne[10].

Durant le ralentissement qui a suivi le coup d’État, les autorités turques ont pris certaines mesures pour soutenir la croissance. Elles ont notamment stimulé le crédit et permis le remboursement en livres turques de la dette libellée en devises étrangères, et ce, à des taux de change favorables. Convaincu du bien-fondé de contenir les taux d’intérêt, le président a opté pour une stratégie en ce sens qui, couplée aux doutes émis à l’étranger quant à l’indépendance de la banque centrale, a permis à la croissance d’atteindre 3,5 % au dernier trimestre de l’an dernier[11]. Cependant, la dépréciation de la livre turque a propulsé l’inflation largement au-dessus de la cible[12].       

Après une vente massive d’actifs turcs, nous sommes d’avis que ces défis sont maintenant, pour la plupart, pris en compte dans les cours. La livre turque est bon marché par rapport à ses niveaux antérieurs; elle se négocie à plus de 15 % en deçà de sa moyenne sur dix ans (cote Z, soit l’écart par rapport à la tendance indiqué à la figure 2, ci-dessous). 

Bien que le conflit syrien soit source d’incertitude depuis maintenant sept ans, la Turquie peut compter sur certains éléments pour l’aider à gérer les incertitudes, dont une stratégie officielle de gestion de la dette. Pour l’instant, l’économie est loin de fonctionner à son plein potentiel. Par contre, le pays présente certains facteurs positifs à long terme, comme des liens commerciaux bien établis, de nombreux consommateurs à revenu moyen et une population jeune.

Figure 2. Taux de change effectifs réels : la livre turque se négocie en deçà de la tendance 

Cote Z : écart par rapport à la tendance

DEVISES DES MARCHÉS ÉMERGENTS : position acheteur sur le rand sud-africain    

L’Afrique du Sud a donné des signes inquiétants quant à sa capacité à gérer efficacement les affaires publiques lorsque le président Jacob Zuma a décidé de limoger certains de ses ministres, dont celui des Finances, Pravin Gordhan, en mars 2017. La dépréciation de presque 7 % de la monnaie par rapport au dollar américain en tout juste quatre jours au cours de la dernière semaine de mars[13] a été vue comme une condamnation des mesures prises par Zuma. Toutefois, des rapports signalent que l’emprise du président Zuma sur le parti du Congrès national africain serait en train de s’effriter, ce qui laisse présager un changement imminent[14]. Selon le plan officiel, Zuma quittera ses fonctions de chef du parti plus tard cette année et renoncera à la présidence en 2019.

Dans l’intervalle, l’économie du pays – grand exportateur de métaux et de minéraux de terres rares – devrait bénéficier de la reprise synchronisée de l’économie mondiale. Bien que l’Afrique du Sud ait récemment vu sa cote de crédit rabaissée par Standard & Poor’s et par Fitch, l’élan de la croissance aux États-Unis et en Europe et la légère hausse des prix des produits de base influencent positivement l’économie du pays. 

Avant le dernier remaniement par Zuma, le rand était la monnaie des marchés émergents la plus performante en 2017 par rapport au dollar. Bien que les perspectives puissent être compromises si le gouvernement décide de nommer des proches plutôt que des personnes compétentes aux postes clés, notre analyse indique que le rand se négocie en deçà de la tendance (voir la figure 2) et qu’il pourrait s’apprécier à mesure que les facteurs fondamentaux s’amélioreront.  

Sources :

[1] Comparaison des ratios cours-valeur comptable des indices MSCI Monde et MSCI Marchés émergents. Sources : Bloomberg et Aviva Investors, 17 mars 2017.

[2] Estimations IBES. Sources : Datastream et Aviva Investors, 17 mars 2017.

[3] Comparaison entre la volatilité mobile sur 90 jours de l’indice des titres de sociétés à petite capitalisation MSCI Marchés émergents et de l’indice MSCI Marchés émergents, du 31 décembre 2010 au 31 mai 2017. Source : Bloomberg, 31 mai 2017.

[4] Reuters, 4 mai 2017.

[5] Bloomberg, 20 avril 2017.

[6] Reuters, 2 mai 2017.

[7] Ministère des Finances de l’Indonésie, 31 mars 2017.

[8] Moody's, 8 février 2017.

[9] Rendement nominal moins IPC global. Source : Bloomberg, 28 avril 2017.

[10] Bloomberg, 31 mars 2017.

[11] Bloomberg, 3 avril 2017.

[12] Thomson Reuters, 4 avril 2017.

[13] Bloomberg, 30 mars 2017. 

[14] Bloomberg, 24 mai 2017.

Renseignements importants

Sauf indication contraire, tous les renseignements et les avis donnés sont ceux d’Aviva Investors Global Services Limited (Aviva Investors) au 31 mars 2017. Les opinions, estimations, prévisions et énoncés concernant les tendances des marchés de capitaux, selon la conjoncture, expriment notre jugement et peuvent être modifiés sans préavis. Les renseignements contenus dans le présent document ont été obtenus auprès de sources jugées fiables, mais ils n’ont pas été vérifiés de manière indépendante par Aviva Investors et peuvent être inexacts. Toute mention de valeurs mobilières, de catégories d’actifs et de marchés de capitaux spécifiques n’est qu’à titre indicatif et ne doit pas être considérée comme une recommandation. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs. 

La dénomination « Aviva Investors » désigne ici l’organisation mondiale d’entreprises apparentées de gestion d’actifs menant ses activités sous cette dénomination. Chaque société apparentée d’Aviva Investors est une filiale d’Aviva plc, une société multinationale de services financiers cotée en bourse dont le siège est au Royaume-Uni.

Au Canada

Aviva Investors Canada Inc. (« AIC »), dont le siège est à Toronto, est basée dans la Région nord-américaine de l’organisation mondiale d’entreprises apparentées de gestion d’actifs menant ses activités sous la dénomination « Aviva Investors ». Elle est inscrite auprès de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (« CVMO ») à titre de gestionnaire de portefeuille, de courtier sur le marché dispensé et de gestionnaire des opérations sur marchandises.

Aux États-Unis

Aviva Investors Americas LLC est inscrite auprès de la Securities and Exchange Commission des États-Unis en tant que conseillère en placements. Elle est également inscrite auprès de la Commodity Futures Trading Commission (« CFTC ») à titre de conseillère en opérations sur marchandises (« CTA ») et gestionnaire de fonds du marché à terme (« CPO »), et elle est membre de la National Futures Association (« NFA »). Pour la prestation de ses services, AIA recourt aux services de spécialistes en placements des sociétés de conseils en placements apparentées qui sont les mieux placées pour fournir l’expertise nécessaire à la gestion d’une stratégie ou d’un produit en particulier. Conformément aux directives réglementaires applicables, chacune de ces sociétés apparentées a conclu un protocole d’entente (« PE ») avec AIA en vertu duquel elle est considérée comme « membre du groupe participant » d’AIA, au sens de cette expression dans la dispense octroyée par le personnel de la Securities and Exchange Commission, qui autorise les conseillers en placements inscrits aux États-Unis à utiliser les ressources en matière de gestion de portefeuille et d’opérations des sociétés de conseils apparentées, sous la surveillance d’un conseiller inscrit. Les spécialistes en placements membres du groupe participant d’AIA fournissent des services de gestion de portefeuille, de recherche ou de négociation aux clients d’AIA. Ils fournissent aussi des services essentiellement similaires aux clients des sociétés de conseils apparentées, ce qui peut entraîner un rendement supérieur ou inférieur à celui qui est présenté ici. Cela signifie que les employés du groupe participant qui gèrent des stratégies ou d’autres produits offerts aux investisseurs américains sont surveillés par AIA.

La partie 2A du formulaire ADV d’AIA, qui fournit des renseignements généraux au sujet de la société et de ses pratiques commerciales, peut être obtenue en envoyant une demande écrite au Service de la conformité, à : 

Compliance Department

225 West Wacker Drive, Suite 2250

Chicago, IL 60606

2017-0285_AIA/AIC_juin 2017