3 minute read

Alors que la dette mondiale continue de s'enfoncer dans des profondeurs abyssales, les investisseurs devraient tirer les leçons du passé, conseille Chris Higham, Responsable de la gestion crédit multi-stratégies chez Aviva Investors.

Dans un rapport publié en octobre, le Fonds monétaire international a chiffré la dette mondiale à un niveau record de 152 000 milliards de dollars US[1]. Cependant, malgré ce chiffre, les marchés d’ actifs restent dynamiques, portés par les largesses des principales banques centrales et l'anticipation de politiques budgétaires favorables.

Chris Higham, Gestionnaire du « Strategic Bond Fund » chez Aviva Investors, analyse les défis que posent ce niveau de dette record et la perspective d'un durcissement de la politique monétaire à la fois pour la croissance économique et pour la valeur des actifs.

Dans quelle mesure le niveau record de la dette devrait-il nous inquiéter ?

Le problème est que la dette continue de se creuser et, avec la Réserve fédérale américaine qui devrait relever les taux d'intérêt trois fois dans l'année, elle devrait coûter de plus en plus cher. Les investisseurs ne devraient pas prendre ce risque à la légère.

L'arme principale pour combattre cette dette abyssale consiste à produire de la croissance nominale (croissance réelle et inflation). Mais d'où cette croissance peut-elle provenir étant donné que l'économie mondiale est en proie à d'énormes déséquilibres et à des problèmes structurels ? Bon nombre d'investisseurs placent désormais leurs espoirs dans la relance budgétaire.

Mais seul le temps nous dira si les mille milliards de dollars que Donald Trump compte injecter dans l'économie américaine parviendront à créer de la croissance durable. Assurément, les baisses d'impôt et les dépenses d'infrastructure ont le potentiel de stimuler la croissance, mais on aurait tort d'ignorer la possible incidence d'un autre facteur clé du plan Trump : la déréglementation. Nul doute que la règlementation pèse lourdement sur un certain nombre de secteurs économiques, en particulier la production d'énergie et l'industrie. Un assouplissement de ces entraves serait pour beaucoup un catalyseur essentiel pour une reprise économique durable.

Quelles implications pour les marchés boursiers ?

S'il y a bien un enseignement à tirer de ces dix dernières années, c'est que les baromètres économiques, aussi négatifs puissent-ils être, n’impactent pas la confiance des investisseurs du moment que ces derniers estiment que les décideurs politiques ont la solution. Preuve en est l'euphorie qui a suivi les dernières orientations prudentes données par la présidente de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen, lorsqu'elle a annoncé une hausse largement anticipée des taux d'intérêt.

Mme Yellen, comme les autres décideurs, n'ont que trop à l'esprit l'électrochoc provoqué sur les marchés par la crise du « taper tantrum » de 2013 (fin progressive du programme d'achat d'actifs). Pour cette raison, le retour à la normale des politiques devrait être lent et mesuré et devrait donc être sans menace pour les marchés boursiers.

Il convient de garder à l'esprit que, jusqu'à présent, le recours aux politiques monétaires accommodantes s'est avéré positif, tant pour les obligations que pour les actions. Mais, tandis que ces politiques devraient rester largement conciliantes par rapport aux épisodes antérieurs - la Banque centrale européenne achète 800 milliards d'euros d'actifs cette année - il est désormais probable que les prévisions de croissance économique diffèrent en termes de résultats. Si les indicateurs de référence se mettent au niveau des enquêtes de confiance très positives que nous avons vues, les actifs plus risqués tels que les actions et les obligations à haut rendement devraient en tirer avantage.

Où cherchez-vous les opportunités ?

Il faut se tenir prêt à mettre à profit les distorsions produites par les marchés dans un monde en pleine évolution. La règlementation qui pèse sur les activités financières depuis la crise financière a eu pour effet de perturber de manière fondamentale le taux sans risque par rapport auquel tous les actifs sont évalués. Elle a conduit à une distorsion, ou un écrasement, de la « frontière efficiente » qui fixe la base de tout portefeuille d’investissements.

Dans le cadre d'un mandat flexible investi en obligations, le recours sans précédent à l'interventionnisme des politiques monétaires n'est pas sans conséquence pour la gestion des risques. Par exemple, si vous êtes un investisseur obligataire dont la prise de risque sur les taux d'intérêt ou le crédit n'est plus payante, vous pouvez obtenir un rendement compétitif en soumettant votre capital à un risque moindre. Chez Aviva Investors, cela signifie par exemple se focaliser sur la dette senior subordonnée de courte échéance relativement fiable et qui génère un rendement régulier d’environ 3%.

Comment générer le mieux possible de l'alpha dans la conjoncture actuelle ?

Les obligations au sens large ont connu une incroyable embellie à la faveur des mesures des banques centrales. Aujourd'hui, les écarts de crédit se resserrant et les titres d’Etats restant encore à évaluer dans le contexte de la relance, les gérants d’actifs vont devoir fournir davantage d'efforts pour générer du rendement. Dans la chasse à l'alpha, le choix des titres et des secteurs sera capital. Dans ce cadre, nous chercherons à éviter les secteurs perturbés par les nouvelles technologies ou les produits « single names » qui ne sont pas touchés d'un point de vue crédit par les fusions et acquisitions.

Étant donné que les politiques des principales banques centrales continuent de diverger, les opérations en valeur relative fourniront une nouvelle source potentielle d'alpha. Prenons par exemple le décalage entre le marché américain des obligations d'entreprise qui ne bénéficie d'aucun programme d'achat de la part de la banque centrale, et les mêmes marchés au Royaume-Uni et en l'Europe qui ont le soutien de leurs banques centrales respectives. La promesse de dépenses publiques devrait également être plus favorable aux obligations d'entreprise qu'à celles des États, étant donné notamment que les finances publiques vont probablement être soumises à davantage de pressions. Des finances tendues mettent également à mal l'argument des pays émergents par rapport aux pays développés.

Selon vous, quelles seront les répercussions du désendettement ?

Le processus va être lent et risqué pour l'économie mondiale. L'Europe constitue vraisemblablement le risque le plus grand en raison de profondes disparités économiques et du manque apparent de volonté politique pour lutter contre les conditions de vie difficiles de nombreux habitants dans les pays périphériques. L'autre grand défi est le remboursement ordonné de la dette chinoise qui a doublé en volume ces quatre dernières années. Les investisseurs devraient en outre rester attentifs aux risques que pose le rééquilibrage de la dette mondiale aux pays excédentaires comme l'Allemagne.  

[1] http://www.imf.org/external/pubs/ft/fm/2016/02/fmindex.htm

Ce document est destiné exclusivement à des investisseurs professionnels et contreparties éligibles au sens de la Directive « MIF » n°2004/39/CE du 21 avril 2004 relative aux marchés d’instruments financiers.

Son contenu n’est pas destiné à une clientèle de particuliers et il ne doit pas être utilisé comme support de présentation à leur destination.

Aviva Investors est la dénomination commerciale de la branche de gestion d’actifs du groupe Aviva.

Il ne saurait être assimilé à une activité de démarchage, à une quelconque offre de valeur mobilière ou instrument financier que ce soit ou de recommandation d’en acheter ou d’en vendre.

Il contient des éléments d’information et des données chiffrées qu’Aviva Investors France considère comme fondés ou exacts au jour de leur établissement. Pour ceux de ces éléments qui proviennent de sources d’information externes, leur exactitude ne saurait être garantie.

Les analyses présentées reposent sur des hypothèses et des anticipations d’Aviva Investors France, faites au moment de la rédaction du document qui peuvent être totalement ou partiellement non réalisées sur les marchés. Elles ne constituent pas un engagement de rentabilité et sont susceptibles d’être modifiées.

La valeur d'un investissement sur les marchés peut fluctuer à la hausse comme à la baisse, et peut varier en raison des variations des taux de change. En fonction de la situation économique et des risques de marché, aucune garantie n’est donnée sur le fait que les produits ou services présentés puissent atteindre leurs objectifs d’investissement.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Ce document ne peut être reproduit sous quelque forme que ce soit ou transmis à une autre personne que celle à qui il est adressé.

Ce document est établi par Aviva Investors France, société de gestion de portefeuille de droit français agréée par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) sous le n° GP 97-114, Société Anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance au capital de 17 793 700  euros, dont le siège social est situé au 14 rue Roquépine, 75008 Paris, immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris sous le numéro 335 133 229.by Aviva Investors nor as advice of any nature. Past performance is not a guide to future returns. The value of an investment and any income from it may go down as well as up and the investor may not get back the original amount invested.

RA17/0411/30062017