Notre équipe d’investissement, chargée de développer des idées de stratégies pour notre gamme phare de fonds multi-stratégies, présente cinq idées d’investissements pour 2017.

1 - Position acheteuse sur les actions de petite capitalisation des marchés émergents

Pendant la majeure partie de la dernière décennie, les économies émergentes ont alimenté l’expansion économique mondiale. Malgré la menace d’une montée du protectionnisme à la suite de la victoire électorale de Donald Trump aux États-Unis, nous pensons que cette tendance va se poursuivre. La croissance devrait continuer à être soutenue par l’augmentation des revenus des ménages, l’essor des classes moyennes, l’accroissement rapide de la main d’œuvre, la hausse de la productivité et une inflation stable.

D’après la Banque mondiale, 800 millions de nouveaux consommateurs atteindront un revenu intermédiaire avant 2030, année à laquelle 90 % de la classe moyenne mondiale devrait être située en Inde et en Chine. L’histoire nous enseigne qu’une fois que les besoins fondamentaux sont satisfaits, la demande évolue et favorise la croissance des secteurs des produits et des services de consommation, du logement, des infrastructures et de la santé.

Investir dans les actions de petites entreprises constituerait le meilleur moyen d’accéder à cette croissance. En effet, les petites entreprises sont plus exposées à leur économie nationale que les entreprises à forte capitalisation ; elles sont particulièrement sensibles à des secteurs qui sont susceptibles de tirer profit de l’augmentation des revenus des ménages, tels que la vente au détail, la santé et l’industrie.

Bien que les cours des actions émergentes se soient nettement redressés au second semestre 2016, celles-ci continuent d’être négociées à un niveau inférieur d’environ 30 % par rapport aux actions des marchés développés et à leur propre performance historique. Du fait de la volatilité politique qui domine actuellement en Occident, la sagesse populaire qui voudrait que les marchés émergents méritent une prime de risque plus élevée et donc une évaluation inférieure à celle des marchés développés est de plus en plus contestée.

En ce qui concerne les marchés développés, il est vrai que les actions d’entreprises de petite capitalisation ont tendance à être considérées comme risquées, en partie parce que ces entreprises se concentrent souvent sur un seul secteur d’activité et que leurs actions sont généralement moins liquides. Historiquement, les investisseurs ont vu ce risque supplémentaire compensé au fil du temps par des rendements plus élevés.

Mais dans le cas des marchés émergents, c’est l’inverse que l’on observe : sur ces marchés, les petites capitalisations sont historiquement moins volatiles et offrent par conséquent de meilleurs rendements ajustés du risque. Cela est principalement dû au fait qu’une part relativement importante des actions émergentes de petite capitalisation est traditionnellement détenue par des investisseurs du même pays que les entreprises concernées. Les cours de ces actions sont donc moins influencés par les flux de capitaux extérieurs. Dans l’environnement actuel, cette caractéristique devrait les rendre moins sensibles à la hausse des taux d’intérêt américains.

Bien que ces actions soient souvent relativement peu liquides, un processus d’investissement solide axé sur la sélection d’entreprises de haute qualité pourrait présenter un potentiel significatif pour tout gestionnaire de fonds prêt à y consacrer le temps et les efforts nécessaires et à investir sur le long terme pour générer des plus-values grâce à la recherche primaire.

Les actions de petite capitalisation ont tendance à intéresser moins d’analystes que les grandes capitalisations, et ce phénomène s’observe également pour les marchés émergents. Beaucoup d’entreprises de petites capitalisations sont même totalement ignorées par les analystes, et la qualité des recherches sur celles qui sont suivies est généralement mauvaise. Cela donne une excellente occasion aux investisseurs d’identifier les inefficiences de marché, de découvrir de nouvelles possibilités d’investissement et de viser des rendements significatifs.

De plus, le coefficient de corrélation du marché des actions étant actuellement très élevé, ces actions émergentes de petites capitalisations offrent une opportunité de diversification non négligeable.

Le risque principal lié à cette stratégie pourrait venir d’une appréciation rapide du dollar américain. Une telle situation forcerait probablement les Banques Centrales des pays émergents à augmenter leurs taux d’intérêts, ce qui étoufferait la croissance économique de ces pays.

2 - Tirer parti de la courbe des taux sud-coréenne

La courbe des taux sud-coréenne est l’une des plus plates au monde, les taux à dix ans affichant un rendement supérieur de seulement 47 points de base à celui des taux à deux ans. La forme de la courbe reflète deux facteurs : les taux courts sont bas en raison des mauvaises perspectives économiques à court terme de la Corée du Sud, tandis que les taux longs sont grevés par un surendettement important du secteur privé, des données démographiques défavorables et le très faible niveau général des primes de risque à terme. Nous pensons qu’il est possible de profiter d’une pentification de la courbe des taux en prenant une position « acheteuse » sur les titres à deux ans et « vendeuse » sur ceux à dix ans à l’aide de swaps de taux d’intérêt.

La Banque de Corée a déclaré que l’environnement économique demeurait fragile du fait de l’affaiblissement des dépenses de consommation et des investissements, qui s’accompagne d’une baisse prolongée de la demande d’exportation. Elle a également mis en avant les risques de ralentissement de la croissance devant l’éventualité d’un ralentissement plus marqué en Chine et dans les pays producteurs de matières premières comme l’Australie, qui sont les principaux destinataires des exportations sud-coréennes.

L’inflation globale reste bien au-dessous du nouvel objectif de la banque centrale, fixé à 2 %. Bien que cette faiblesse soit principalement due aux prix du pétrole, le taux « de base » est également passé sous la barre des 2 % au milieu de l’année 2016 et s’approche maintenant de son niveau d’après la crise financière. La Banque de Corée s’attend à ce que l’inflation de base reste en dessous de l’objectif pendant les deux prochaines années ; le taux d’inflation globale ne devrait pour sa part atteindre 2 % que fin 2017.

Dans ce contexte, la Banque de Corée a abaissé les taux d’intérêt à un niveau historique de 1,25 % et nous pensons qu’au moins une nouvelle baisse est possible. Cela devrait aider à maintenir vers le bas le début de la courbe de rendement.

Dans le même temps, la partie longue de la courbe, qui s’est aplatie cette année en parallèle avec d’autres marchés obligataires de premier plan alors que l’assouplissement des politiques monétaires à travers le monde entraînait une ruée vers les titres à haut rendement, semble vulnérable en cas d’un mouvement mondial de vente massive d’obligations. En effet, le récent mouvement de vente amorcé aux États-Unis a entraîné en réaction une accentuation de la courbe sud-coréenne.

Historiquement, cette courbe présente un « bêta » élevé : en d’autres termes, lorsque le cours des obligations américaines évolue dans une direction ou dans l’autre, le marché sud-coréen a tendance à suivre cette évolution, mais à une échelle bien plus grande.

Le graphique ci-dessous montre qu’en comparaison avec d’autres pays, la courbe de rendement sud-coréenne est relativement plate. Nous estimons que l’écart de prime de risque à terme par rapport aux États-Unis s’élève à deux écarts-types par rapport à la norme, un phénomène que l’on n’observe qu’une fois tous les 20 ans.

Graphique 1 Rendements des obligations souveraines à dix ans minorés des rendements à deux ans

Source : Aviva Investors, Macrobond au 4 décembre 2016

Si la politique monétaire mondiale reste conciliante, nous prévoyons que cette stratégie génèrera un rendement légèrement positif sur les deux prochaines années étant donné la haute probabilité d’au moins une baisse supplémentaire des taux d’intérêt.

Le principal argument en faveur de cette opération est qu’elle devrait produire un rendement plus important à mesure qu’un contexte de reprise se dessinera. Elle devrait également fonctionner, bien que probablement moins bien, si la déflation s’installe et que la Banque de Corée baisse ses taux de manière plus agressive.

Le principal risque de cette stratégie  est lié à un possible renversement de la hausse récente des rendements mondiaux du fait de perspectives mondiales affaiblies. Cela étant dit, nous ne pensons pas que la courbe s’inversera, ce qui signifie que toute perte éventuelle devrait être limitée.

3 - Position acheteuse sur le dollar américain par rapport au yen japonais

L’économie japonaise reste moribonde malgré tous les efforts des décideurs politiques. En revanche, l’économie des États-Unis termine l’année en relativement bonne forme. De plus, la croissance américaine semble bien partie pour recevoir l’année prochaine un bon stimulus sous la forme d’une politique budgétaire plus conciliante, ce qui signifie que les taux d’intérêt américains devraient vraisemblablement continuer à augmenter.

Bien que le dollar américain ait fortement rebondi ces deux derniers mois, par rapport au yen japonais il reste 6 % en dessous de son niveau de début 2016. Alors que le marché est vraisemblablement encore saturé en yen en conséquence du mouvement d’achat de « valeurs refuges » qui a eu lieu en début d’année, nous pensons que le yen risque de s’affaiblir considérablement.

Notre principale prévision est qu’il va encore augmenter de 10 % pour atteindre son précédent record de 125 yens, enregistré au milieu de l’année 2015. Mais il pourrait vraisemblablement aller jusqu’à 140 yens si la Banque du Japon lançait un programme d’assouplissement monétaire particulièrement agressif.

Un yen fort n’est cependant pas compatible avec les objectifs des autorités japonaises, car il rendrait plus difficile la lutte contre la déflation.

En septembre, la Banque Centrale japonaise a introduit des mesures de contrôle de la courbe des taux, un nouvel outil dans son arsenal de politiques extraordinaires utilisé depuis la crise financière. Ces mesures incluent un engagement à maintenir le rendement des obligations souveraines à dix ans proche de zéro. Si, comme nous le prévoyons, les rendements obligataires continuent de grimper aux États-Unis et ailleurs dans le monde, une telle politique va vraisemblablement affaiblir le yen.

Les actions de la Banque du Japon donnent au gouvernement la possibilité de financer dans un avenir proche des emprunts illimités à un taux d’intérêt très bas. Étant donné la force du mandat du Premier ministre Shinzo Abe et le manque de résultat des « Abenomics » jusqu’à présent, il est probable que le Japon adopte des mesures de relance budgétaire, ce qui augmentera sûrement la pression à la baisse sur le yen. Dans le même temps, nous pensons que la Réserve Fédérale américaine risque d’augmenter les taux d’intérêt plus vite que ne le prévoit le marché, renforçant encore le dollar américain.

Le principal risque auquel est exposée cette stratégie est celui d’un nouvel épisode d’aversion pour le risque semblable à celui observé à la fin de l’année dernière, qui avait entraîné une forte appréciation du yen.

4 - Position acheteuse sur les obligations américaines à haut rendement

Même après son redressement impressionnant en 2016, le marché des obligations d’entreprises américaines à haut rendement offre l’une des rares possibilités de rendement dans le contexte actuel de taux d’intérêt bas, avec un « rendement au plus bas » de 6,4 %. Il devrait particulièrement bien se comporter si la rhétorique favorable à la croissance de Trump se traduit par une plus forte croissance économique aux États-Unis en 2017.

Ainsi, des mesures de relance budgétaire, une baisse des impôts et un assouplissement de la réglementation devraient stimuler l’économie américaine. Les titres de créance à haut rendement ont des caractéristiques proches des actions, c’est-à-dire qu’ils ont tendance à tirer parti d’une situation d’appétence pour le risque, mais ils sont moins volatils. Les rendements de ces titres sont traditionnellement meilleurs lorsque l’économie est en croissance, mais que cette croissance n’est pas assez rapide pour nécessiter un resserrement agressif de la politique monétaire.

La victoire de Trump à l’élection présidentielle américaine a renforcé les anticipations inflationnistes et les prévisions de hausse des taux d’intérêt. Si les obligations à haut rendement ne sont pas immunisées contre une augmentation des taux, la duration relativement basse de cette catégorie d’actifs la rend moins sensible à ce risque. Historiquement, au début des cycles de hausse des taux d’intérêt, la compression des écarts de crédit a toujours aidé les obligations à haut rendement à absorber le choc que constituent des taux plus élevés. 

Bien que le risque de défaut soit généralement le plus grand risque auquel sont exposés les investissements dans des obligations à haut rendement, nous anticipons que les défauts devraient diminuer en 2017. Cela est principalement dû à la stabilisation des prix des matières premières ; le cours du pétrole brut a par exemple doublé par rapport à son niveau très bas de février. Le secteur de l’énergie, qui représente 14 % du marché obligataire à haut rendement, a enregistré un taux de défaut à deux chiffres en 2015 et 2016, mais Moody’s prévoit que les défauts du secteur de l’énergie devraient tomber à 5 % d’ici un an. Le taux de défaut global aux États-Unis devrait quant à lui, baisser à 4,1 %. 

Les écarts de crédit ont chuté de plus de 400 points de base par rapport à leur point culminant de février. Ils restent cependant supérieurs de 100 points de base à leur situation en juin 2014, le sommet du cycle de crédit actuel. Avec un rendement du coupon de 6,5 %, nous pensons que le haut rendement américain devrait continuer à être prisé par des investisseurs recherchant à la fois un rendement et un revenu.

Le risque principal encouru par cette stratégie est celui d’un ralentissement de la croissance américaine, ce qui pourrait arriver si la Réserve Fédérale américaine augmente les taux d’intérêt plus rapidement que prévu pour combattre une forte reprise de l’inflation.

5 - Position acheteuse sur les titres américains protégés contre l’inflation

Nous affirmons depuis un certain temps que les marchés financiers se préoccupent trop du risque de déflation et que l’inflation finira par arriver. Dans les mois précédant l’élection présidentielle américaine, les marchés financiers ont commencé à envisager que l’inflation puisse reprendre et la victoire de Donald Trump a renforcé cette conviction.

La perspective d’une hausse de l’inflation aux États-Unis est l’argument principal en faveur de l’une de nos stratégies préférées en ce moment, à savoir prendre une position acheteuse sur les titres du Trésor américain protégés contre l’inflation (TIPS) et une position vendeuse sur les titres du Trésor conventionnels à l’aide d’un contrat à terme à dix ans. Structurer l’opération de cette manière permet d’avoir un aperçu du niveau d’inflation pris en compte sur le marché des obligations du Trésor américain.

Bien que cette stratégie ait été rentable pendant un certain temps au sein de nos portefeuilles AIMS (Aviva Investors Multi-Stratégy), nous pensons qu’elle a un potentiel plus grand.

Début 2016, alors que les investisseurs s’inquiétaient du risque de déflation, le marché des obligations du Trésor n’évaluait pas l’inflation moyenne annuelle à plus de 1,5 % pour les dix prochaines années.

Bien que ce nombre ait progressivement augmenté depuis l’été et se trouve maintenant plus proche de 2 %, nous continuons de penser qu’il est trop bas étant donné la reprise des prix du pétrole que nous avons déjà pu observer.

De plus, il y a des risques que l’inflation continue de grimper aux États-Unis du fait de l’étendue des mesures de relance budgétaires proposées par Trump. Tout bien considéré, la croissance économique pourrait augmenter de près d’un point de pourcentage en 2017 et 2018. Le marché du travail américain étant déjà relativement restreint (le taux de chômage est à tout juste 4,9 %), cela risque d’entraîner une hausse des salaires et de l’inflation. Tandis que le marché s’inquiète d’une éventuelle résiliation des accords de libre-échange, toute mesure en faveur du protectionnisme et toute introduction de tarifs douaniers aurait probablement pour effet d’attiser les anticipations d’inflation, ne serait-ce qu’à court terme.

Le principal risque de cette stratégie est du à la capacité de Trump à offrir le niveau de relance budgétaire auquel le marché s’attend. Si ses réformes fiscales seront vraisemblablement bien accueillies par les législateurs républicains, il faudra du temps pour qu’elles soient adoptées par le Congrès. Quant à son projet de renforcement des dépenses d’infrastructure, il faudrait que certains membres du Congrès changent de mentalité pour qu’il puisse entrer en vigueur.

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