Partout dans le monde, libéralisation politique et économique ont été de pair depuis le début des années 1980. Cependant, alors que de plus en plus de pays se tournent vers des dirigeants populistes, le monde pourrait-il être sur le point de remettre en question l’économie de marché ?

Dans un essai intitulé « La fin de l’histoire », publié en 1989 alors que le Mur de Berlin était sur le point de tomber, le politologue américain Francis Fukuyama déclarait qu’avec l’effondrement imminent du communisme dans toute l’Europe de l’Est, la dernière alternative idéologique du libéralisme avait été éliminée.

Ce à quoi nous assistons n’est pas seulement la fin de la Guerre froide, ou l’expiration d’une période particulière de l’histoire de l’après-guerre, mais bien la fin de l’histoire en soi : c’est-à-dire le stade final de l’évolution idéologique du genre humain et l’universalisation de la démocratie libérale occidentale en tant que forme définitive de gouvernement de l’humanité. 
Francis Fukuyama, 1989

Si l’on imagine que l’histoire est un processus par lequel les institutions libérales – gouvernement représentatif, marchés libres et culture consumériste – deviennent universelles, on pourrait affirmer que l’histoire a atteint son objectif.

Alors que la thèse de Francis Fukuyama provoquait de nombreuses critiques, l’idée que le monde se dirigeait effectivement vers « la fin de l’histoire » ne semblait pas tout à fait fantaisiste. Pendant la majeure partie des deux décennies qui suivirent, on pouvait considérer que les événements confirmaient ses opinions.

L’effondrement du communisme se propagea rapidement au-delà de l’Europe de l’Est, le Cambodge, l’Éthiopie, la Mongolie et le Yémen du Sud, entre autres, abandonnant cette idéologie entre 1989 et 1991. Le nombre de régimes communistes qui était de 27 lorsque Francis Fukuyama écrivit son article, tomba à cinq en 1992.

Le paradoxe de la mondialisation

L’effondrement du communisme et l’orientation vers une gouvernance démocratique furent largement perçus comme l’aboutissement logique d’un processus qui avait commencé dix ans plus tôt. La série de réformes radicales initiées par Ronald Reagan et Margaret Thatcher favorisa l’adoption généralisée du capitalisme de marché. Les gouvernements du monde entier ont privatisé les institutions et les actifs publics, assoupli la législation des marchés des biens et des services, rendu le marché du travail plus flexible et réduit les impôts. De manière plus significative, la réduction des obstacles au libre échange des biens et services et des flux de capitaux devint la règle à travers le monde.

Illustration of man on top of a pie chart

La Chine représente toutefois un contrepoint analytique d’intérêt. Dans le monde unipolaire qui suivit la fin de la guerre froide, les théoriciens politiques supposèrent que la libéralisation de l’économie chinoise conduirait finalement à la démocratisation de son système politique. Ce qui ne se produisit jamais. Alors que les dirigeants ont opté pour une série de réformes de grande envergure dans les années 1990 – y compris la privatisation à grande échelle ainsi que la suppression des barrières commerciales et des réglementations – avec Xi Jinping, la Chine reste menée par son dirigeant le plus autocratique depuis Mao Tsé-Toung. Aujourd’hui, avec des politiciens populistes qui gagnent du terrain à travers l’Europe, les Amériques et au-delà, c’est comme si l’Occident imitait la Chine ; remettant en question les mêmes idéaux démocratiques libéraux qu’il espérait autrefois que cette dernière adopterait.

La raison a cela peut-être l’empressement des politiciens à vanter les mérites de la mondialisation, sans s’inquiéter outre mesure des conséquences. Malheureusement, l’atonie de la croissance économique de ces dix dernières années a remis en question cette évolution en attirant l’attention sur l’inexorable augmentation des inégalités qui touche une grande partie de l’Occident depuis ces 40 dernières années. Les électeurs considèrent de plus en plus que le système capitaliste favorise les élites politiques, les grandes entreprises et les méga-riches.

Ian Shepherdson, fondateur de Pantheon Macreconomics, cabinet de conseil économique pour le secteur des services financiers, explique à AIQ : « La mondialisation s’est avérée être l’illustration par excellence de la loi des conséquences imprévues.

« Peu de membres du cercle politique des économies développées imaginaient qu’elle déclencherait une réaction sans précédent contre les élites et la légitimité fondamentale du modèle capitaliste. »

Le protectionnisme est-il vraiment la solution ?

Les gains de la mondialisation ont été répartis de manière inégale

Cependant, même s’il est difficile de contester le fait que les avantages de la mondialisation sont mal répartis, et que le processus a créé des problèmes que les politiciens ont été lents à aborder, il est difficile d’affirmer que le recours au protectionnisme permettra de résoudre les maux des économies avancées. 

Pour commencer, le fait que les gains de la mondialisation aient été répartis de manière inégale ne signifie pas pour autant que le développement du commerce international ait entraîné l’appauvrissement de certains pays. Comme l’a écrit en avril 2016 Lawrence Summers, professeur à Harvard et ancien secrétaire au Trésor américain : « Personne ne remercie le commerce mondial pour le fait que leur salaire leur permette d’acheter deux fois plus de vêtements, de jouets et d’autres biens que si le contexte était différent. »2 Il n’est donc pas évident qu’un renversement de la situation puisse rendre quelque pays que ce soit plus riche.

Branko Milanovic, professeur d’économie au City University of New York Graduate Center, estime que même si, en termes relatifs, les plus grands bénéfices de la mondialisation ont abouti à « l’émergence d’une classe moyenne », essentiellement en Chine, la part la plus importante des gains en termes absolus a été distribuée au 1 % des plus riches du monde, dont la moitié est basée aux États-Unis.3

Même si en période économique difficile, les étrangers sont souvent considérés comme un ennemi commun, cela suggère non seulement qu’il est assez ironique que Trump reproche à la mondialisation les malheurs économiques de son pays, mais que ses politiques pourraient également avoir des répercussions négatives importantes sur l’économie américaine.

En outre, si l’on en croit les arguments de certains, le protectionnisme est une réponse politique inutile.

Finbarr Livesey, professeur à l’université de Cambridge, estime que les forces du marché pourraient être sur le point de conduire le monde à se démondialiser de son propre chef. Dans son livre 2018 From Global to Local, il argumente qu’avec des robots devenant de moins en moins chers et de plus en plus efficaces qui remplacent les travailleurs bon marché, la fabrication pourrait bien se rapprocher du lieu de consommation des produits dans les économies avancées.4 Si Finbarr Livesey a raison, les inégalités au sein de l’Occident pourraient s’accroître davantage.

En dépit des conclusions de Branko Milanovic, selon d’autres analystes, la mondialisation n’est responsable que d’une petite partie de l’augmentation des inégalités observée ces dernières années. Dans son livre Globalization and Inequality, paru en 2018, Elhanan Helpman, professeur de commerce international à l’Université de Harvard, argumente : « Les principales causes sont difficiles à identifier, même si l’évolution technologique qui favorise les travailleurs hautement qualifiés et l’évolution des politiques d’entreprises et des politiques publiques est le principal suspect. »5

Les fondements éthiques du capitalisme ont éclaté

Les nationalistes tels que Trump restent silencieux devant la nécessité de changer les autres aspects du modèle économique capitaliste. Cependant, un nombre croissant de commentateurs pensent qu’une réforme plus fondamentale est nécessaire. Pour eux, à moins que l’Occident ne s’attaque de toute urgence à ses deux problèmes économiques : l’insuffisance de la croissance et l’impressionnant niveau d’inégalité, ainsi qu’à la menace imminente des effets irréversibles du réchauffement climatique, de nouveaux bouleversements politiques s’en suivront.

Dans son livre Can American Capitalism Survive?, paru en 2018, Steven Pearlstein, professeur d’affaires publiques à l’université George Mason, affirme que les fondements éthiques du capitalisme ont éclaté suite à l’idéologie radicale de libre marché, ou « néolibéralisme ».6 « Il nous manque l’un des principes clés de la richesse des nations d’Adam Smith : sans confiance... le capitalisme démocratique ne peut pas survivre. Le capitalisme n’est pas mort, mais il doit se sauver de lui-même avant qu’il ne soit trop tard », affirme-t-il.

Bien que les inégalités aient augmenté en Occident, le problème est particulièrement aigu aux États-Unis. Selon Ian Shepherdson, l’évolution de la politique fiscale a joué un rôle important. Il note par exemple, que le taux d’imposition le plus élevé pour les personnes physiques aux États-Unis est désormais de 37 %, alors qu’entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et 1982, il n’a jamais été inférieur à 69 %.

En 1965, le ratio de rémunération du PDG par rapport aux travailleurs était de 20 pour 1 ; aujourd’hui, il est de 312 pour 1 

Alors que les taux d’imposition sur les hauts revenus se sont effondrés, les écarts de salaire ont grimpé en flèche. Selon le groupe de réflexion Economic Policy Institute, les dirigeants des 350 plus grandes entreprises américaines ont vu leur salaire augmenter d’environ 1 000 % entre 1978 et 2017. La rémunération moyenne des travailleurs n’a augmenté que de 11,2 % au cours de la même période. Alors qu’en 1965, le ratio de rémunération du PDG par rapport aux travailleurs était de 20 pour 1, puis de 58 pour 1 en 1989, il est aujourd’hui de 312 pour 1.7

Figure 1: Change in share of total real income, 1967-2017

Le graphique ci-dessus montre qu’au cours des 50 dernières années, la part des Américains les plus riches a considérablement augmenté, tandis que celle de la tranche des 80 % plus pauvres a évolué dans la direction opposée. Alors que les revenus au 95e centile ont augmenté de 94 % (1,3 % par an) après ajustement de l’inflation, au 20e centile, ils n’ont augmenté que de 28 % (0,49 % par an).

Steve Waygood, Directeur de l’investissement Responsable chez Aviva Investors, explique que si l’intervention du gouvernement est nécessaire, les investisseurs ont un rôle important à jouer pour aborder la question des inégalités.

« Malheureusement, bien que les investisseurs encouragent de manière plus efficace les entreprises à s’assurer que tous leurs employés reçoivent un salaire minimum vital, ils n’ont pas su limiter les salaires excessifs au sommet. Il faut y remédier d’urgence », explique-t-il.

Selon certains analystes, les inégalités devraient s’accélérer avec la rapidité de l’évolution des technologies numériques. Dans leur livre The Second Machine Age paru en 2014, Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee du Massachusetts Institute of Technology déclarent : « C’est le pire moment pour les travailleurs seulement dotés de compétences « ordinaires »… parce que les ordinateurs, les robots et les autres technologies numériques acquièrent ces compétences à un rythme effréné. »8

Illustration of people struggling to get a leg up

Les travailleurs dont les compétences ont été maîtrisées par l’informatique ont moins à offrir sur le marché du travail, et verront leur salaire et leurs perspectives se réduire. Des modèles économiques entrepreneuriaux, de nouvelles structures organisationnelles et différentes institutions sont nécessaires pour s’assurer que le travailleur moyen n’est pas mis sur la touche par des machines de pointe, argumentent-ils.

La hausse de l’inégalité des richesses est encore plus extrême. C’est en partie parce que le prix des actifs a augmenté beaucoup plus vite que les revenus – ce qui est particulièrement vrai pour ces dix dernières années grâce à l’assouplissement sans précédent de la politique monétaire des banques centrales. Aux États-Unis, la part du revenu national provenant du travail a chuté de près de 10 % par an au cours des 50 dernières années, tandis que la part venant des profits des entreprises a augmenté d’un montant similaire.9 En sachant que les plus riches détiennent un pourcentage disproportionné de parts de sociétés et d’autres actifs, en 2017 il était évalué que le 1 % des Américains les plus riches possédait 40 % de la richesse du pays, soit plus que les autres 90 % combinés.10

Concentration croissante des sociétés

L’inégalité croissante entre les individus est reflétée par l’évolution du monde de l’entreprise, avec un groupe de sociétés sélectionnées devenant de plus en plus riche et puissant. La domination croissante de quelques entreprises est un problème parce que la concurrence est la pierre angulaire de tout système capitaliste qui fonctionne bien. Sans cette concurrence, les consommateurs seraient confrontés à des prix plus élevés et à un choix de produits et de services moindre, et les travailleurs auraient moins de possibilités d’emploi. En outre, étant donné que l’absence de concurrence pourrait conduire à une croissance plus faible de la productivité, la croissance économique aussi bien que les salaires seraient limités.

Comme l’affirme le professeur d’économie de Harvard, Kenneth Rogoff : « Il faut s’inquiéter du fait que les cinq plus grandes entreprises technologiques sont devenues tellement dominantes, rentables, et globales qu’il est devenu très difficile pour les start-ups de rivaliser, ce qui étouffe l’innovation. »11

Il faut s’inquiéter du fait que les cinq plus grandes entreprises technologiques sont devenues aussi dominantes

The Economist a récemment indiqué que la concentration du marché augmentait dans les deux tiers des industries américaines depuis 1997. Cela s’explique en partie par le volume important de rachats de ces dernières années, qui à travers l’Occident représentent 44 000 milliards de dollars depuis 1998.12

En conséquence, le cash flow disponible des entreprises est 76% au-dessus de sa moyenne sur 50 ans par rapport au PIB. Une tendance similaire, quoique moins extrême, s’observe en Europe. Sur les deux continents, les entreprises dominantes deviennent plus difficiles à déloger.

The Economist estime que le montant  mondial de profits « anormaux » serait de 660 milliards de dollars ; dont plus des deux tiers ont été comptabilisés en Amérique, dont un tiers par des entreprises technologiques.

Selon Jonathan Haskel et Stian Westlake, il existe une explication supplémentaire à l’augmentation du niveau des inégalités intra-entreprise, à savoir l’importance croissante de l’investissement dans des actifs incorporels comme le design, l’image de marque et les logiciels. En effet, contrairement à un actif corporel comme une usine, les investissements incorporels sont radicalement évolutifs.

Dans leur livre Capitalism Without Capital, ils expliquent que cela a non seulement permis à des sociétés comme Google, Microsoft et Facebook de croître rapidement, mais que cela a augmenté l’écart de rentabilité entre les gagnants et les perdants. L’écart entre des entreprises qui paient mal et des entreprises qui paient bien contribue à l’inégalité des revenus.13

Un problème planétaire

Selon Steve Waygood, le capitalisme, qui a créé ce qui est sans doute le problème mondial le plus urgent à l’heure actuelle : le réchauffement climatique anthropique, peine à trouver une solution pour le résoudre. D’après lui, le secteur de la gestion d’actifs et ses clients risquent de subir des pertes importantes en raison du réchauffement climatique.

« Nos propres recherches menées avec l’Economist Intelligence Unit estiment que la valeur actuelle des actifs à risque d’ici 2100 pourrait atteindre 43 000 milliards de dollars – soit l’équivalent de 30 % de l’ensemble des actifs gérables – si la température mondiale augmente de 6 °C. Et ces pertes seront amplifiées si le degré de réchauffement de la planète n’est pas contrôlé et maîtrisé.

« En bref, le réchauffement climatique est le plus grand risque collectif auquel nous sommes confrontés. Si des mesures urgentes ne sont pas prises pour limiter rapidement et substantiellement la hausse de la température mondiale, la catastrophe environnementale à long terme aura de graves conséquences économiques pour les entreprises et la société », déclare Steve Waygood.

Pour ce qui est des solutions, il soutient que puisque les marchés ne valorisent pas les facteurs tels que l’émission de carbone et la pollution, les pays devront travailler ensemble pour y remédier en intégrant ces coûts externes aux charges des entreprises. Ils peuvent le faire en fixant le prix du carbone via un système d’échange d’émissions, en fixant une taxe sur le carbone ou en interdisant l’existence de certaines pratiques.

Si d’un côté cela encourage les institutions supranationales et si la plupart des gouvernements a commencé à prendre la question beaucoup plus au sérieux, le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat est inquiétant, en sachant notamment que le Brésil, dirigé par son nouveau président Jair Bolsonaro, menace de faire de même.

Malgré ses inquiétudes à l’égard des mesures de Trump, Steve Waygood précise qu’il y a des raisons d’être optimiste. « Aux États-Unis, par exemple, certains États tels que la Californie ont permis l’évolution rapide des nouvelles technologies comme les véhicules électriques et l’énergie renouvelable, en proposant au secteur privé un équilibre approprié entre mesures incitatives et sanctions. Bien que le capitalisme ait créé certains de ces problèmes, il a aussi un rôle crucial à jouer dans l’apport de solutions », dit-il.

Bien que Steve Waygood croie en des solutions fondées sur le marché, et qu’il reconnaisse que les pays peuvent prendre différentes directions à une vitesse variable, il estime que la balance penche plutôt vers l’intervention des gouvernements plutôt que celle de l’économie de marché et l’assouplissement de la réglementation.

« L’augmentation des inégalités et le réchauffement climatique causé par l’homme sont deux défaillances massives du marché. Bien que les marchés puissent fournir certaines des réponses, les gouvernements doivent clairement prendre des mesures urgentes. Loin de saper le système capitaliste, ils renforceraient son potentiel productif à long terme », dit-il.

L’augmentation des inégalités et le réchauffement climatique causé par l’homme sont deux défaillances massives du marché

Les pays vont-ils collaborer ou rivaliser ?

Étant donné la complexité du contexte politique occidental, il est assez difficile de prédire la direction que prendra le capitalisme. Même si dans un monde parfait, les pays accepteraient de suivre la même direction, il est peu probable que ce soit le cas.

Prenons par exemple le problème des réformes fiscales. C’est l’un des outils les plus évidents dont disposent les gouvernements pour lutter contre les inégalités. Du jour au lendemain, un historien néerlandais a fait le buzz sur les réseaux sociaux après avoir déclaré au public du Forum économique mondial de Davos qu’essayer de résoudre les problèmes d’inégalité et de malaise social était une perte de temps si la fiscalité n’était pas réformée en premier lieu.

« J’entends parler de participation, de justice, d’égalité et de transparence, mais presque personne ne soulève le véritable problème de l’évasion fiscale. Les riches ne paient tout simplement pas leur part. J’ai l’impression d’assister à une conférence de pompiers où l’eau est un tabou, » commente Rutger Bregman.14

Comme l’explique un rapport de l’OCDE paru en 2012, la politique fiscale peut non seulement jouer un rôle majeur pour réduire les inégalités dans le cadre de la répartition des revenus, mais elle est aussi « essentielle pour augmenter les revenus afin de financer les dépenses publiques en faveur des transferts, de la santé et de l’éducation, qui tendent à favoriser les ménages à faible revenu, ainsi que des infrastructures favorisant la croissance pouvant également augmenter l’équité sociale ».15 L’année précédente, Angel Gurría, secrétaire général de l’organisation, avait appelé les pays à encourager un régime d’impôt sur le revenu plus progressiste, à supprimer les niches fiscales et à éliminer les paradis fiscaux.16

Cependant, si certaines nations peuvent choisir d’augmenter l’impôt, inversant la tendance de ces 40 dernières années, il est peu probable que tout le monde le fasse. La tentation pour les autres sera d’attirer des entreprises et des travailleurs hautement qualifiés en réduisant leur nombre. Après tout, la théorie de « l’économie de ruissellement » (idée selon laquelle les impôts sur les entreprises et les riches devraient être réduits pour stimuler l’investissement des entreprises à court terme, au profit de toute la société à long terme) reste profondément ancrée à l’Ouest, en particulier aux États-Unis.17

Les récentes modifications de la politique fiscale américaine en sont un parfait exemple. Trump semble reconnaître que les inégalités sont un problème et que la fiscalité a un rôle à jouer. Par exemple, en promulguant la loi Tax Cuts and Jobs Act en décembre 2017, il a affirmé que les travailleurs de la classe moyenne verraient une augmentation de leurs revenus de 4 000 à 9 000 dollars, et que les Américains les plus riches ne gagneraient « rien du tout » en vertu du plan.

La réalité a été quelque peu différente. Selon William G. Gale, co-directeur de l’Urban-Brookings Tax Policy Center, qui a pour objectif de fournir une analyse indépendante des questions fiscales, la plupart des contribuables de la classe moyenne n’a bénéficié que d’un modeste coup de pouce suite à la baisse du taux d’imposition. Les avantages les plus importants ont bénéficié aux riches et ont « accru l’inégalité des revenus ».18

Des solutions radicales, mais peut-être irréalistes, ont été proposées récemment. Dans son best-seller de 2013, Le capital au XXIe siècle, l'économiste français Thomas Piketty argumente que le principal moteur des inégalités (la tendance des rendements du capital à dépasser le taux de croissance économique) menaçait de générer des inégalités extrêmes. Il indique que l’un des remèdes possibles est l’application d’un impôt sur la fortune globale.19 Toutefois, alors qu’un impôt sur la fortune peut sembler intéressant d’un point de vue théorique, une coopération mondiale serait nécessaire pour qu’il soit efficace. La probabilité est que si un pays introduisait une telle taxe de manière isolée, ses citoyens plus riches essaieraient de transférer leurs biens à l’étranger.

Il en va de même pour la suppression des niches fiscales. Les  fiscalistes sont devenus experts en détection des décalages entre les différentes règles fiscales de chaque pays, afin d’aider les multinationales à relocaliser leurs actifs à l’échelle internationale pour minimiser leur impôt. L’économie numérique – où les entreprises peuvent travailler dans un pays sans y être présentes physiquement – a aussi favorisé de tels comportements.

En 2013, l’OCDE, groupe de pays majoritairement riches, a mis en place un projet de lutte contre l’évasion fiscale des multinationales. Bien qu’il prétende faire des progrès dans sa volonté de faire collaborer les pays, une fois de plus, il existe une forte tentation pour les pays de se concurrencer. Par exemple, Paul Ryan, qui à l’époque était Président de la Chambre des représentants des États-Unis, affirmait en 2015 que les propositions de l’OCDE se traduisaient par la « tentative d’établir une base fiscale pour nos sociétés nationales ».20 De même, l’UE éprouve des difficultés à faire accepter aux États membres un projet dédié à taxer les géants technologiques américains tels que Google (Alphabet), Amazon et Facebook sur leur chiffre d’affaires au lieu de leurs profits.

Ian Shepherdson estime que, même si cela peut avoir un sens pour les gouvernements de taxer plus lourdement les entreprises pour réduire les inégalités, sans coopération internationale, il est probable que le taux d’imposition des sociétés continue à baisser. Selon The Tax Foundation, groupe de réflexion américain, le taux de l’impôt sur les sociétés dans 202 juridictions s’élevait à 23 % en 2017, contre 39 % en 1980. Il semble qu’une grande partie de cette baisse puisse s’expliquer par la mondialisation, alors que les pays surrenchérissent pour attirer les multinationales.21

Les mesures à l’égard des entreprises

Face à ces problèmes, les politiciens semblent pour l’instant se concentrer sur le marché du travail. En Australie, par exemple, le gouvernement a introduit en 2011 la « règle des deux coups » (« two-strikes rule »), en vertu de laquelle le conseil d’administration complet d’une société est éliminé si 25 % des actionnaires rejettent son rapport de rémunération deux années consécutives. En 2018, la Première ministre britannique Theresa May a déclaré qu’elle améliorerait les droits de millions de travailleurs, y compris ceux de l’économie des « petits boulots », en leur promettant des améliorations en matière de congés et d’indemnités maladie ainsi que des contrats plus solides. Elle a également promis de réprimer les entreprises ayant recours aux stagiaires non rémunérés et d’augmenter les amendes pour les entreprises maltraitant leur personnel.

Le leader du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, a proposé que les contrats gouvernementaux soient accordés aux entreprises présentant des ratios de rémunération acceptables.

Les politiciens de gauche veulent également stimuler le travail d’autres manières. En Occident, on a appelé à stopper le déclin du pouvoir des syndicats.  Aux États-Unis, la loi Accountable Capitalism Act proposée par la sénatrice Elizabeth Warren, candidate potentielle à l’élection présidentielle de 2020, exigerait que les employés des entreprises comptabilisant des revenus supérieurs à un milliard de dollars élisent 40 % de leur conseil d’administration.22

Quant à la concentration des sociétés, Steve Waygood affirme que les régulateurs, en particulier aux États-Unis, doivent avoir plus de pouvoir pour enquêter sur les marchés qui deviennent dysfonctionnels. Selon lui, les grandes entreprises technologiques américaines font l’objet d’un examen de plus en plus minutieux de par le monde. C’est particulièrement vrai pour Google, Twitter et Facebook, qui sont accusés d’abuser des données privées, de permettre à des faux comptes de vendre des produits frauduleux et de désinformer, et de ne pas stopper les interférences dans la politique occidentale.

Selon Kenneth Rogoff, l’intervention la plus urgente consiste sans doute à affaiblir l’emprise des Big Tech sur les données personnelles. Avec son nouveau Règlement général sur la protection des données, l’UE a montré une voie possible pour l’avenir. Elle donne aux consommateurs, même s’ils sont uniquement dans l’UE, beaucoup plus de contrôle sur leurs données personnelles qui sont détenues par les entreprises. Eric Posner et Glen Weyl vont même plus loin. Dans leur ouvrage Radical Markets, ces universitaires américains proposent de forcer les monopoles numériques à indemniser les personnes pour leurs données électroniques.23

Virage à gauche ?

Bien que les politiciens nationalistes remportent des victoires électorales en profitant de la colère des électeurs au sujet de l’immigration et de la mondialisation, il existe des signes de plus en plus nombreux en Occident indiquant le souhait de voir des restrictions à l’économie de marché plutôt que l’inverse.

L’électorat étant de plus en plus divisé, les politiciens à l’extrême gauche de l’échiquier politique ont récolté des voix.

Les nationalistes ont remporté des victoires électorales en profitant de la colère des électeurs sur l’immigration

Depuis quelques années, l’électorat américain, britannique et français se tourne vers des candidats de partis autrefois considérés comme d’extrême -gauche, comme Bernie Sanders, Jeremy Corbyn ou Jean-Luc Mélenchon.

Le soutien à ces politiciens est particulièrement fort chez les plus jeunes électeurs. Dans le cas de Sanders, ce n’est guère surprenant au vu du sondage mené par Gallup en 2018, qui indique que de plus en plus d’Américains âgés de 18 à 29 ans ont une vision plus positive du socialisme que du capitalisme, qui a perdu un tiers de ses soutiens depuis 2010.24

Cela dit, il n’est pas toujours évident de savoir si les personnes interrogées comprennent réellement ce que signifie « socialisme ». Sanders semble avoir changé de point de vue au fil des années. Plus jeune, il faisait l’éloge des gouvernements socialistes de Cuba et du Nicaragua, mais lors de sa campagne présidentielle de 2016, il a déclaré : « Quand je parle de socialisme démocratique, je ne parle pas du Venezuela. Ni de Cuba. Je parle de pays comme le Danemark ou la Suède. »25

L’une des raisons de cette confusion, c’est qu’aucun pays ne pratique l’économie de marché sous sa forme la plus pure. L’intervention gouvernementale est plus ou moins présente dans tous les pays où le capitalisme est le principal moteur de la production.

Le Premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen a répondu aux remarques de Sanders en déclarant : « Je sais que certaines personnes aux États-Unis associent le modèle nordique à une forme de socialisme. J’aimerais donc clarifier les choses. Le Danemark est loin d’être une économie planifiée socialiste. Le Danemark est une économie de marché. »26 En fait, depuis les années 1980, le Danemark s’est éloigné des politiques socialistes, a privatisé plusieurs secteurs et a assoupli la réglementation de beaucoup d’autres.

Une histoire vivante et difficilement prévisible

Dans une interview peu après l’investiture de Trump, Francis Fukuyama reconnut qu’il avait eu tort. Loin de se terminer avec la chute du rideau de fer en Europe de l’Est, l’histoire était bien vivante et difficielement prévisible.27

« Il y a vingt-cinq ans, je ne connaissais aucune théorie sur la possibilité de faire marche arrière pour les démocraties. Je pense qu’elles en sont parfaitement capables, » écrit l’homme qui a largement contribué à la formulation de la « Doctrine Reagan », et personnage important du mouvement néoconservateur américain.

Il poursuivit en 2018 : « Cette période prolongée, qui a commencé avec Reagan et Thatcher, au cours de laquelle un certain nombre d’idées sur les avantages des marchés non réglementés ont été adoptées, a eu, à bien des égards, un effet désastreux. »28

Pourtant, comme nous l’avons vu, ce débat ne porte pas sur les extrêmes dont les limites ont été clairement exposées. À l’ère du Big Data, la complexité associée aux millions de ménages faisant des milliards de choix auxquels les gouvernements et les entreprises ne pourraient jamais apporter une réponse parfaite, est une preuve suffisante contre la notion de planification centrale dans son ensemble. Cependant, le rôle du secteur public, non seulement dans la production de biens sociaux tels que l’éducation, la santé et les infrastructures, mais aussi dans le financement d’innovations telles qu’Internet et la technologie de base sous-tendant les smartphones, invalide la théorie de l’économie de marché sans entraves.

Il semble peu probable qu’un pays renonce au capitalisme dans un avenir proche, d’autant plus que la méfiance envers le pouvoir des gouvernements reste profondément ancrée dans une grande partie de l’Occident. Même si certains ont réfléchi à la question de savoir si le succès économique de la Chine – notamment le fait qu’elle ait été relativement épargnée par la crise financière – pourrait conduire à un débat sur l’établissement d’un nouveau modèle de développement économique, cela semble peu probable..29 Après tout, un sondage réalisé par le Pew Research Center en 2014 révélait que 70 % des Américains pensaient toujours que l’on s’en sort mieux dans une économie de marché. Ce chiffre en Allemagne était encore plus élevé, à 73 % et au Royaume-Uni, à 65 %.30

La tentation que nous avons de focaliser sur les changements fortement médiatisés est bien connue. C’est ce dont les populistes se nourrissent. La réalité aujourd’hui semble moins porter sur l’attaque fondamentale du capitalisme en soi, mais plutôt sur la remise en question de ses fondements philosophiques et éthiques. Le capitalisme comme système d’organisation de la société a prouvé sa résilience au cours des 100 dernières années. Pour nous en assurer pour les 100 prochaines années et au-delà, il devra renouer avec sa vocation première : les peuples qu’il est censé servir. Cela nécessitera d’adopter une meilleure approche pour distribuer les richesses, de gérer les instincts régionaux et nationalistes et, peut-être de manière encore plus importante, de s’attaquer de front au réchauffement climatique.

Le capitalisme devra renouer avec sa vocation première : les peuples qu’il est censé servir 

Références

  1. Francis Fukuyama, ‘The End of History?’, The National Interest, Summer 1989.
  2. Lawrence Summers, ‘Global trade should be remade from the bottom up’, The Financial Times, 10 April 2016.
  3. Branko Milanovic, Global inequality: A new approach for the age of globalization (Harvard University Press, 2016).
  4. Finbarr Livesey, From Global to local: The making of things and the end of globalization (Profile Books, 2017).
  5. Elhanan Helpman, Globalization and inequality (Harvard University Press, 2018).
  6. Steven Pearlstein, Can American capitalism survive? (St. Martin’s, 2018).
  7. Source: Economic Policy Institute.
  8. Erik Brynjolfsson and Andrew McAfee, The Second Machine Age (WW Norton, 2014).
  9. Source: Macrobond.
  10. ‘Nation’s top 1 per cent now have greater wealth than the bottom 90 per cent’, Washington Post, 8 December 2017.
  11. Kenneth Rogoff, ‘Big Tech is a big problem’, Project Syndicate, 2 July 2018.
  12. 'The next capitalist revolution,’ The Economist, 15 Nov 2018.
  13. Jonathan Haskel & Stian Westlake, Capitalism without capital (Princeton University Press, 2017)
  14. Source: Twitter
  15. Alan Carter and Stephen Matthews, ‘How tax can reduce inequality,’ OECD Observer No 290-291, Q1-Q2 2012
  16. Angel Gurría, ‘Tackling inequality’, OECD Observer No 287 Q4 2011.
  17. Joseph Stiglitz, ‘Why tax cuts for the rich solve nothing’, Project Syndicate, 27 July 2017.
  18. William Gale et al., ‘Effects of the Tax Cuts and Jobs Act: A preliminary analysis’, The Brookings Institution, 14 June 2018.
  19. Thomas Piketty, Capital in the twenty-first century (Éditions du Seuil, 2013).
  20. ‘Paul Ryan on the prospects for a tax overhaul’, The Wall Street Journal, 21 June 2015.
  21. Kari Jahnsen & Kyle Pomerleau, ‘Corporate income tax rates around the world’, The Tax Foundation report, September 2017.
  22. ‘Warren introduces Accountable Capitalism Act’, Elizabeth Warren Press Release, 15 August 2018.
  23. Eric A. Posner & E. Glen Weyl, Radical markets: uprooting capitalism and democracy for a just society (Princeton University Press, 2018).
  24. ‘Democrats more positive about socialism than capitalism’, Gallup, 13 August 2018.
  25. ‘Bernie Sanders: Democratic socialism isn’t Cuba and Venezuela…,’ Real Clear Politics, 19 February 2016.
  26. ‘Denmark’s prime minister says Bernie Sanders is wrong to call his country socialist’, Vox, 31 Oct 2015.
  27. ‘The man who declared the ‘end of history’ fears for democracy’s future’, Washington Post, 9 February 2017
  28.  ‘Francis Fukuyama interview: “Socialism ought to come back”’, New Statesman, 17 October 2018.
  29. ‘Is China’s growth model a threat to free-market economics?’, The Economist, 13 June 2018.
  30. Source: Pew Research Centre.

Egalement sur ce sujet

Informations importantes

 

Ce document est destiné à des professionnels et conseillers financiers exclusivement. Ne doit pas être consulté par, ou présenté à, des particuliers.

Sauf indication contraire, la source de toutes les informations est Aviva Investors Global Services Limited (« AIGSL »). Au mercredi 20 février 2019. Sauf indication contraire, les points de vue et les opinions exprimés dans le présent document sont ceux d'Aviva Investors. Son contenu ne saurait être interprété comme une garantie de rendement d’un placement géré par Aviva Investors, ni comme un conseil de quelque nature que ce soit. Les informations contenues dans ce document ont été obtenues auprès de sources considérées comme fiables, mais elles n’ont fait l’objet d’aucune vérification indépendante d’Aviva Investors, et Aviva Investors ne peut en garantir l'exactitude. Les performances passées ne présagent en rien des performances futures. La valeur d’un placement et de tout revenu en découlant est susceptible de fluctuer aussi bien à la baisse qu’à la hausse, et il n’est pas garanti que l’investisseur recouvre son montant d’investissement initial. Aucun élément de ce document, y compris les références à des titres, classes d'actifs ou marchés financiers spécifiques, ne doit ou ne peut être considéré comme un conseil ou une recommandation de quelque nature que ce soit. Ce document ne constitue pas une recommandation de vendre ou d'acheter un placement quelconque. 

Pour la région Royaume-Uni et Europe, ce document a été élaboré et émis par AIGSL, entreprise de droit anglais immatriculée sous le numéro 1151805. Siège social : St Helen’s, 1 Undershaft, London EC3P 3DQ. (Londres, Angleterre) Cette entreprise est agréée et réglementée par la Financial Conduct Authority (autorité des marchés du Royaume-Uni). En France, Aviva Investors France est une société de gestion de portefeuille agréée par l’Autorité des Marchés Financiers, sous le n° GP 97-114, une société anonyme à Conseil d’Administration et de Surveillance, au capital de 17 793 700 euros, dont le siège social est situé 14 rue Roquépine, 75008 Paris et immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de Paris sous le n° 335 133 229. En Suisse, le présent document est publié par Aviva Investors Schweiz GmbH, agréé par l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, la FINMA, en tant que distributeur de fonds de placement collectif.

À Singapour, ce document est distribué dans le cadre d'un arrangement avec Aviva Investors Asia Pte. Limited (AIAPL), pour une distribution à des investisseurs institutionnels uniquement. Veuillez noter qu’AIPPL ne fournit aucune prestation de recherche indépendante ou d’analyse sur le contenu ou l’élaboration de ce document. Les destinataires de ce document doivent contacter AIAPL pour toute question découlant de ou relative à ce document.  AIAPL est une entreprise de droit singapourien immatriculée sous le numéro 200813519W, et détient une Licence de services des marchés de capitaux l'autorisant à exercer des activités de gestion de portefeuilles dans le respect de la Loi sur les valeurs mobilières de Singapour (Singapore Statute ch. 289) ainsi que le statut de Conseiller financier asiatique exonéré au regard de la Loi de Singapour sur les conseillers financiers (Singapore Statute ch. 110). Siège social : 1 Raffles Quay, #27-13 South Tower, Singapore 048583. En Australie, ce document est distribué dans le cadre d'un arrangement avec Aviva Investors Pacific Pty Ltd (AIPPL), pour une distribution à des investisseurs institutionnels uniquement. Veuillez noter qu’AIAPL ne fournit aucune prestation de recherche indépendante ou d’analyse sur le contenu ou l’élaboration de ce document. Les destinataires de ce document doivent contacter AIAPL pour toute question découlant de ou relative à ce document. AIPPL est une entreprise de droit australien immatriculée sous les numéros Australian Business n° 87 153 200 278 et Australian Company n° 153 200 278., titulaire d'une Licence australienne de services financiers (Australian Financial Services License - AFSL 411458) émise par l'Australian Securities and Investments Commission. Siège social : Level 30, Collins Place, 35 Collins Street, Melbourne, Vic 3000, Australia (Australie).

Le nom « Aviva Investors » utilisé dans ce document désigne l'organisation mondiale des sociétés de gestion d'actifs affiliées exerçant leur activité sous le nom Aviva Investors. Chaque société affiliée à Aviva Investors est une filiale d'Aviva plc, société multinationale cotée de services financiers ayant son siège au Royaume-Uni. Aviva Investors Canada, Inc. (« AIC ») est installée à Toronto et est immatriculée auprès de l'Ontario Securities Commission (« OSC ») en tant que gestionnaire de portefeuilles, courtier en bourse dispensé et gestionnaire d'opérations sur marchandises. Aviva Investors Americas LLC est un conseiller en investissement immatriculé au niveau fédéral auprès de la Securities and Exchange Commission américaine. La société agit également à titre de conseiller en négociations sur marchandises (« CTA ») et d'exploitant d'un pool de produits (« CPO ») immatriculé auprès de la Commodity Futures Trading Commission (« CFTC »), et est membre de la National Futures Association (« NFA »).  Le formulaire ADV, partie 2A, d'AIA, qui contient des informations sur l'entreprise et ses pratiques commerciales, est disponible sur demande écrite adressée à : Département conformité, 225 West Wacker Drive, Suite 2250, Chicago, IL 60606

RA19/0214/20022020