Sélectivité, sanctions et décarbonation : perspectives 2021 des marchés actions émergents

Alistair Way, Responsable de la gestion actions émergentes chez Aviva Investors, aborde les trois thèmes qui détermineront l’évolution de la classe d’actifs en 2021.

Selectivity, sanctions and decarbonisation: The outlook for emerging market equities in 2021

1. Alors que les économies commencent à se redresser et que les marchés se normalisent à la suite de la pandémie de Covid-19, des tendances thématiques « top-down » vont faire place à des sources de performance plus diversifiées. La sélection de valeurs va devenir plus importante pour les investisseurs sur les marchés actions émergents.

Les marchés actions émergents ont relativement bien résisté aux turbulences de 2020. En dollar, l’indice MSCI Emerging Markets a progressé de 1,15 % sur l’année jusqu’au 30 octobre et a ainsi surperformé l’indice MSCI World (-0,98 %) et l’indice MSCI All Country World (-0,68 %). Mais, ces chiffres masquent des nuances importantes.

La croissance est avant tout venue des sociétés de l’Internet et, plus largement, des valeurs technologiques.

Comme pour les marchés développés, les performances des marchés actions émergents ont été favorisées par quelques entreprises issues d’un petit nombre de secteurs et dans un petit nombre de pays. La croissance est avant tout venue des sociétés de l’Internet et, plus largement, des valeurs technologiques en provenance des économies émergentes les plus grandes et riches : la Chine, la Corée du Sud et Taiwan.

De façon compréhensible, de nombreux investisseurs ont cherché en 2020 à naviguer entre les écueils en allouant des capitaux sur la base de tendances thématiques « top-down », principalement l’augmentation partout dans le monde de la demande de plateformes numériques pendant les périodes de confinement. Cela a notamment profité aux entreprises de logiciels de communication, de jeux et de paiements électroniques. Un indicateur de cette tendance est l’indice actions représentatif des sociétés technologiques chinoises : ce dernier a enregistré une hausse stupéfiante de 50 % sur l’année (jusqu’au 30 octobre)[i].

Mais, à mesure que les vaccins contre la Covid-19 seront distribués et que les économies se redresseront, nous nous attendons à ce que ces tendances thématiques soient moins privilégiées et que l’année 2021 s’accompagne d’un éventail plus diversifié de sources de performance. Dans la mesure où les économies vont se redresser à des rythmes différents, les investisseurs devront suivre la situation de la pandémie et les réponses politiques dans chaque pays de manière à évaluer correctement les opportunités potentielles. Cet environnement devrait favoriser les investisseurs désireux de sortir des sentiers battus et d’entreprendre une analyse approfondie des entreprises sur les marchés auparavant négligés. Des opportunités pourraient se présenter en Asie du Sud et sur les marchés frontières de l’Afrique subsaharienne qui ont jusqu’à présent mieux résisté à la pandémie que prévu.

2. La guerre commerciale et la mondialisation vont se poursuivre. Les entreprises touchées par les sanctions vont souffrir ; d’autres pourraient saisir l’occasion de gagner des parts de marché.

Il est peu probable que la nouvelle administration américaine, sous la direction du Président élu Joe Biden, mette fin à la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Si l’on peut s’attendre à ce que Joe Biden cherche à adopter une approche plus rationnelle, plus mesurée et plus multilatérale que son prédécesseur, le Président Trump, afin de résister à la Chine, les tensions entre les deux super puissances mondiales devraient toutefois se poursuivre. Il existe même un risque que Donald Trump en profite pour promulguer une loi anti-chinoise pendant le reste de son mandat, ce qui rendrait difficile pour Joe Biden de désamorcer le conflit au début de son mandat sans apparaître en position de faiblesse.

La Chine est bien consciente qu’elle doit accélérer ses efforts visant à atteindre l’autosuffisance dans le domaine de la fabrication de puces et d’autres technologies vitales.

Dans cet environnement, la Chine est bien consciente qu’elle doit accélérer ses efforts visant à atteindre l’autosuffisance dans le domaine de la fabrication de puces et d’autres technologies vitales. Le gouvernement va continuer de subventionner des acteurs locaux tels que le shanghaïen Semiconductor Manufacturing International Corp. qui souffre de ses faibles performances opérationnelles et a encore beaucoup de chemin à parcourir pour rattraper les leaders mondiaux du secteur. Dans le même temps, le fabricant de smartphones Huawei a été durement touché par l’interdiction qui lui est faite d’utiliser des semi-conducteurs de fabrication américaine, ce qui limite sa capacité à produire des téléphones concurrentiels. Il a déjà commencé à perdre des clients au niveau national et va devoir faire face à de nouvelles difficultés en 2021.

A l’inverse, certaines entreprises des pays émergents ont prouvé qu’elles étaient capables de s’adapter à l’évolution du paysage géopolitique et de gagner des parts de marché lorsque leurs concurrentes sont frappées par des sanctions : le géant coréen de l’électronique Samsung et le fabricant taïwanais de puces TSMC l’ont remarquablement bien réussi en 2020 et vont tenter de continuer à le faire en 2021.

3. Les efforts de décarbonation de la Chine vont profiter aux secteurs des énergies renouvelables et des véhicules électriques, tant sur le marché intérieur que dans les pays voisins.

En septembre 2020, le président chinois Xi Jinping a annoncé une série d’objectifs climatiques ambitieux : il s’est engagé à ce que la Chine atteigne son « pic d’émissions de CO2 » en 2030 et réduise ses émissions à un niveau proche de zéro d’ici 2060. Pour atteindre ces objectifs, la Chine va devoir rapidement abandonner ses centrales électriques au charbon et construire des infrastructures d’énergie renouvelable.

Les efforts de décarbonation sont également susceptibles d’accélérer la demande de véhicules électriques (VE) en Chine.

Ce programme politique devrait bénéficier à diverses entreprises chinoises, notamment aux fabricants de verre solaire, aux exploitants de parcs éoliens terrestres et aux groupes de distribution de gaz. Les efforts de décarbonation sont également susceptibles d’accélérer la demande de véhicules électriques (VE) en Chine.

Les valorisations des actions de nombreuses marques de VE de marchés émergents apparaissent déjà excessivement élevées, mais les répercussions sur les industries plus en aval de la chaîne d’approvisionnement, comme les fabricants de matériaux pour batteries, pourraient créer des opportunités intéressantes en Chine et dans d’autres grands pays émergents, notamment en Corée du Sud.

Des thèmes macroéconomiques, tels que la guerre commerciale et la lutte contre le changement climatique, vont continuer de déterminer le paysage des marchés émergents en 2021. Mais, à mesure que l’économie mondiale commencera à se normaliser à la suite de la pandémie de Covid-19, les investisseurs devront également prêter une grande attention aux différences entre les pays émergents et aux dynamiques de chacune des économies et des entreprises.

Afin d’appréhender toutes les opportunités, les investisseurs doivent examiner l’ensemble de l’univers des marchés émergents et se concentrer sur les valorisations fondamentales. Une analyse approfondie et une sélection de valeurs rigoureuse seront déterminantes.

Référence

  1. Eikon Datastream

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