Les grands défis nous donnent l’opportunité d’appréhender les choses différemment. Nos équipes de gestion décryptent les leçons tirées de la crise de la COVID-19, et comment elles se préparent à faire face à la « normalité » qui émergera dans un monde post-pandémie.

Vivre des épisodes de grands bouleversements est quelque chose de traumatisant, car tous les aspects rassurants qui définissent nos vies se volatilisent. Des risques inattendus et des résultats catastrophiques peuvent nous accabler. Malgré cela, des phénomènes surprenants peuvent surgir de ces épisodes douloureux : de nouvelles idées, de nouvelles façons de travailler et de vivre. 

Espoirs pour 2021 et au-delà

Évoquons nos rêves au-delà de la pandémie.

« Il ne faut pas sous-estimer la résilience et la capacité d’adaptation de l’être humain », affirme Sunil Krishnan, responsable des fonds multi-actifs chez Aviva Investors. « Il est certain que j’ai été surpris, l’année dernière, de voir à quel point nos équipes et nos collaborateurs ont su faire face aux perturbations, comment nos enfants ont pris les choses en main alors qu’ils étaient coupés de leurs amis et de leurs professeurs pendant des mois, ou même comment les gouvernements ont réagi aux risques de faillite en adaptant profondément leurs politiques de soutien. Comment nos scientifiques ont mis 6 mois à concevoir des vaccins qu’ils mettent habituellement 15 ans à développer ! Tout cela est un solide enseignement sur la rapidité avec laquelle les choses peuvent évoluer ».

Avec la COVID, tout a basculé. Alors que certains se demandaient comment se maintenir à flot en période de confinement, d’autres ont prospéré. Tout ce qui est numérique a eu le vent en poupe. Les fermetures de sites industriels ont eu pour effet des rues plus calmes et un air plus pur, alimentant le débat sur les opportunités d’une reprise verte.

Parallèlement, nous avons assisté à des révélations sociales perturbantes. « Nous avons réalisé le lien tragique entre la santé et la richesse », déclare Mirza Baig, responsable global de la gouvernance, du vote et du dialogue avec les entreprises chez Aviva Investors. « La crise de la COVID-19 a eu des effets disproportionnés sur les personnes à faible revenu et les communautés marginalisées, et a accéléré les tendances de longue date en matière d’inégalité ».

« Quelle que soit la manière dont on l’envisage, le fardeau de cette crise n’a pas été partagé équitablement », convient Marte Borhaug, responsable globale des Solutions d'investissement ESG chez Aviva Investors. « C’est la triste vérité que les personnes vulnérables, notamment les femmes et les minorités ethniques, ont tendance à gagner moins, à occuper des emplois plus précaires ou à vivre près du seuil de pauvreté. Ces problèmes systémiques les rendent plus vulnérables aux problèmes de santé ou aux chocs économiques. Nous ne pouvons pas nous contenter de combattre le virus ; nous devons nous attaquer aux inégalités de notre époque ».

Confinements et couvre-feux. Émeutes liées à la diversité et aux opportunités. Avertissements émis par la police lors des fêtes de mariage et des batailles de boules de neige...À quoi ressemblera la « normalité » lorsqu’elle sera de retour ? 

Un rôle plus important pour l’État  

Au niveau national, le thème dominant a été « plus d’intervention de l’État ». Savoir comment faire circuler les flux financiers et comment administrer sont devenus plus pressants pendant l’urgence sanitaire.

Partout dans le monde, les emprunteurs sont désormais confrontés à une avalanche de dettes.

« Les banques centrales ont été extrêmement accommodantes, non seulement par le biais des mesures conventionnelles mais aussi non conventionnelles », explique Liam Spillane, responsable de la dette émergente chez Aviva Investors. « À bien des égards, cela a permis à certains dossiers concernant des entreprises dont les fondamentaux étaient les plus détériorés d’être, si ce n’est “éludés”, au moins temporairement ignorés étant donné l’ampleur du soutien politique. »

« Une dette considérable a été émise pour financer les soins de santé et les programmes sociaux, pour soutenir les marchés et les entreprises », ajoute-t-il. « Partout dans le monde, les emprunteurs sont désormais confrontés à une avalanche de dettes. Bien que les taux d’intérêt restent extrêmement bas, la capacité à gérer, consolider et soutenir cette dette est un enjeu crucial ». 

« L’ampleur des nouvelles mesures de soutien que nous observons de la part de l’État ont redéfini les règles en matière d’économie de libre marché et de capitalisme », déclare Steve Waygood, directeur de l’Investissement responsable d’Aviva Investors. « Milton Friedman disait que les affaires des affaires sont les affaires (« Business of business is business »). Je pense qu’aujourd’hui, il reconnaîtrait que les marchés ont besoin d’une structure gouvernementale et parfois d’un énorme soutien des États pour fonctionner ».

Un rôle accru des gouvernements soulève des questions de compétence et de légitimité. L’une d’entre elles est « dans quelle mesure mon gouvernement a-t-il bien géré la pandémie ? ». « Elle s’est posée lors de chaque élection au cours des six derniers mois, et je pense que ce sera encore le cas l’année prochaine », rappelle Sunil Krishnan. « Les résultats économiques obtenus par les gouvernements et la stabilité de l’environnement seront au cœur des préoccupations au cours des prochaines années ».

Intérêts nationaux contre intérêts mondiaux  

Parallèlement, les problèmes liés aux ressources essentielles (accès aux équipements de protection individuelle, à l’oxygène et aux vaccins pouvant sauver des vies) continuent de faire la une des journaux.

Les gouvernements ont privilégié les intérêts nationaux plutôt que les intérêts mondiaux.

« Pendant la pandémie, on a observé une coopération admirable entre les scientifiques qui ont partagé le séquençage du SRAS-CoV-2, etc.… », déclare Ian Pizer, stratégiste sénior multi-actifs et macroéconomie chez Aviva Investors. « Mais les gouvernements ont privilégié les intérêts nationaux plutôt que les intérêts mondiaux ». Beaucoup d’entre eux limitent les échanges aux frontières pour limiter l’entrée de nouveaux variants. Nous constatons également des problèmes liés au nationalisme en matière de vaccins : la marge de manœuvre semble limitée pour penser à aider les autres et à réduire les risques pour la population mondiale ».

Ian Pizer estime que cette attitude est susceptible d’avoir un impact sur l’environnement opérationnel des entreprises. « Nous nous attendons à retrouver un environnement plus normal au fur et à mesure que le vaccin sera administré, mais le processus sera difficile et connaîtra des contretemps. Nous devons nous attendre à ce que les gouvernements continuent à privilégier leur propre population. Cela aura des conséquences assez profondes pour les entreprises dont les chaînes d’approvisionnement internationales desservent des marchés internationaux », ajoute-t-il.

Contrôle des vulnérabilités

Du fait des conditions de marché éprouvantes, l’endettement des entreprises, qui était déjà élevé, a augmenté rapidement dans certaines zones géographiques et certains secteurs. Il est donc vital pour les investisseurs de comprendre les rouages opérationnels des entreprises dans lesquelles ils investissent.

La gestion de portefeuille est particulièrement difficile dans le contexte actuel.

« Personne ne sait avec certitude de quoi demain sera fait, et il est donc essentiel d’essayer d’envisager les pires scénarios », affirme Jaime Ramos Martin, gérant de fonds actions internationales chez Aviva Investors. « Quelles sont leurs politiques ? Quel est l’état réel du bilan et quel pourrait être l’impact sur le compte de résultats ».

Melanie Collett, responsable de la gestion d’actifs, Immobilier d’Aviva Investors, convient que la gestion de portefeuille est particulièrement difficile dans le contexte actuel.

« La stabilité économique n’est pas assurée », note-t-elle, ajoutant que la solution consiste à rester proche de ceux qui sont les plus exposés à l’évolution de la crise de la COVID, notamment les secteurs de la distribution et de l’alimentation et des boissons. « Nous entrevoyons l’issue de cette situation, mais naturellement le rythme de la normalisation est encore difficile à juger ». Cela dépendra beaucoup de la vitesse d’accélération de la production de vaccins contre la COVID et de leur distribution, et de notre volonté de retrouver des interactions en face à face.

Le monde de demain

Entre-temps, un nombre frappant de facteurs sont apparus simultanément début 2021. « Le nombre de moteurs simultanés de la demande dans l’économie mondiale pourrait être bien supérieur à ce que nous avons pu observer dans le passé », indique Sunil Krishnan. « Les gouvernements pourraient s’en tenir à leurs plans de relance, les ménages pourraient constater que l’épargne qu’ils ont mise de côté pourraient être progressivement débloquée lorsque les choses commencent à s’améliorer, et les entreprises pourraient commencer à envisager un agenda d’investissement en 2022 et au-delà. Si l’on réunit ces éléments, on obtient un moteur de la demande assez puissant. Cela pourrait être une excellente nouvelle pour les entreprises, à condition qu’elles réagissent en conséquence et que les mesures de soutien soient maintenues suffisamment longtemps ».

La prochaine décennie pourrait ressembler aux Années folles.

Ian Pizer se demande également si la pandémie pourrait être suivie d’un fort rebond économique lorsque les populations recommenceront à sortir et à s’amuser. « Je pense que nous allons assister à une résurgence des réunions en face à face une fois que nous aurons surmonté cette crise », explique-t-il. La prochaine décennie pourrait-elle ressembler aux Années folles, qui ont fait suite aux ravages de la Première Guerre mondiale et aux horreurs de la grippe espagnole ?

« Les actions sont chères par rapport à leurs valorisations historiques », nous rappelle Giles Parkinson, gérant de fonds actions. « Toutefois, par rapport aux obligations (et les rendements obligataires ont encore baissé cette année), les actions continuent d’offrir des opportunités intéressantes, ce qui crée une dynamique plus solide. Bien sûr, la question demeure : que se passera-t-il si ou quand les rendements obligataires commenceront à augmenter ? Les actions en pâtiront. C’est un facteur depuis la crise financière, mais je n’ai pas d’avis particulier quant à savoir si cela se produira en 2021 ou pas ».

« Des défis encore plus importants nous attendent », estime Darryl Murphy, responsable de la dette infrastructures chez Aviva Investors. « Il ne s’agit pas seulement d’une reprise post-COVID. Il s’agit aussi d’accélérer les mesures nécessaires pour atteindre l’objectif de neutralité carbone, et l’investissement considérable que cela représente. Au fur et à mesure que nous nous dirigeons vers ce monde post-COVID, cela deviendra de plus en plus évident ».    

« Je suis convaincu qu’en fin d’année, nos ambitions en termes de neutralité carbone auront nettement progressé », déclare Mirza Baig. « Nous avons besoin d’un cadre de gouvernance plus solide pour exiger des pays qu’ils respectent leurs engagements, et j’espère que nous disposerons des éléments constitutifs d’une nouvelle taxe mondiale sur le carbone ».

Les enseignements

Quels enseignements avons-nous tirés de la crise sanitaire mondiale ?

La pandémie de COVID-19 continuera-t-elle de nourrir l’intérêt pour reconstruire un avenir meilleur ? Serons-nous confrontés à des inégalités déstabilisantes ? Dans combien de temps les responsables politiques pourront-ils se défaire de l’héritage de la pandémie, et à quel point cela sera-t-il douloureux ? Ou, sur une note plus personnelle, quand pourrai-je prendre ma grand-mère dans mes bras ?

« Ne perdons pas de vue le sentiment d’urgence et l’objectif commun que nous nous sommes fixés », insiste Sunil Krishnan. « Si nous pouvons conserver ce sens du partage dans les projets, cela pourrait être une période merveilleuse pour l’être humain ».

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